PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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Cette roue a 4“68 de diamètre extérieur, et 3 m 60 de large; ses aubes , au nombrede quarante, ont 0“ 56 de profondeur, c’est-à-dire qu’elles sont planes dans le pro-longement du rayon sur une longueur de 0 m 43, le reste étant formé par l’hypoté-nuse d’un triangle rectangle de 0 m 19 environ. Elle est emboîtée le plus haut pos-sible dans un coursier circulaire en pierre de taille ; la vanne en déversoir introduitl’eau sur les aubes, dont le mouvement produit en quelque sorte la première déni-vellation. Le fond courbe de la roue étant recouvert de planches, à l’exceptiond’une fente horizontale, de 0™06 environ, pour le dégagement de l’air sous chaqueaube, sa vitesse ne paraît pas influer bien sensiblement sur le débit de la vannedéversoir. Les aubes plongeaient dans le bief inférieur, à une profondeur de 0 m 30.La chute, vérifiée de nouveau au moment de l’expérience , était de l m 33; l’axe dela roue, à 0 m 71 au-dessus du niveau supérieur de la rivière. La vitesse normale del’usine exigeait que l’extrémité des palettes parcourût environ l m 06 par seconde.Pour cette vitesse, la disposition de la prise d’eau n’a d’ailleurs que peu d’impor-tance.
Il est nécessaire d’entrer dans quelques détails sur le mode de jaugeage, parceque c’est le point délicat de ces sortes d’expériences. La vanne dont nous avonsfait usage, avait déjà servi à M. Rudler pour jauger la rivière en présence deM. l’inspecteur général des mines Garnier, de MM. Antiq et Cartier. C’est unevanne de décharge parallèle à la rivière, et disposée assez loin de la roue en amontdans le mur latéral qui en soutient les eaux. Un canal additionnel est disposécomme à l’ordinaire, en aval de cette vanne, disposée elle-même un peu en avald’un ressaut de 0 m 19 de hauteur, formé avec ce canal par le fond de la rivière. Cecanal se recourbait brusquement à une distance notablement moindre que le doublede la largeur de la vanne; de sorte qu’il se formait un remous fort élevé qui refluaittoujours au moins à la hauteur du ressaut, et recouvrait souvent la veine liquide.La rivière était assez large par rapport à cette vanne, pour que sa vitesse fût négli-geable quant à son effet, dans la formule du débit. A une époque où ce débit étaitbien plus grand, M. Rudler avait trouvé que le maximum de la vitesse uniformedu fil de l’eau, était de 0 m 358 par seconde. Nous avons pensé que le remous dontj’ai parlé était plus que suffisant pour compenser l’effet dont il s’agit, dans ungenre de calcul ayant pour but de ne point estimer trop bas le débit de la rivière,afin de ne pas se faire illusion sur l’effet utile de la roue.
La vanne étant levée à une hauteur de 0 m 376, l’eau se tenait bien horizontaleen amont; elle rasait le sommet horizontal du mur latéral dont j’ai parlé, de sortequ’elle débitait toute l’eau de la rivière pendant la durée assez longue de ce jau-geage.
Le ressaut étant un peu en amont de la vanne, à cause des montants de celle-ci,M. Rudler, pour ne rien négliger, a mesuré directement la distance un peu obliqueentre l’arête du ressaut et celle de la vanne, qui s’est trouvée être de Om 207. Lalargeur de l’orifice étant de l m 26, l’eau se tenant en amont au-dessus du ressaut, àune hauteur constante de 0™ 615, on a trouvé au moyen des formules connues etdes coefficients fournis par les expériences de MM. Poncelet et Lesbros, que ledébit était sensiblement de 494 litres par seconde, donnant pour la chute une forcede 8.76, chevaux théoriques, ou de 657 dynamies par seconde.
Immédiatement après avoir fermé cette vanne de décharge, nous avons déterminél’ouverture de la vanne déversoir de la roue qui débitait aussi précisément toutel’eau de la rivière, dont la surface continuait à raser le sommet horizontal du même