PUBLICATION INDUSTRIELLE. 79
trouve par le calcul, et on l’admettra aisément, qu’on allégerait ce travail d’aumoins 40 pour 100, en substituant à la seconde moitié, la plus pénible de sa tache,l’extraction à masse égale, et comparativement si facile, de la première moitié del’air contenu dans le tube : substitution qui le rendrait précisément égal au tra-vail produit.
« D’après ces résultats théoriques, en supposant que les frais d’établissement del’un et de l’autre système pussent être égaux, si les convois se succédaient à desépoques assez rapprochées, ou si l'on prenait des précautions suffisantes pour quele combustible consumé pendant l’inaction de la machine anglaise fût au plus lesdeux tiers du combustible dépensé lors de son action, les deux systèmes auraientun mérite égal, et il n’y aurait aucune raison d’économie pour préférer l’un à l’autre.
« C’est à ces termes simples que se réduit la comparaison des deux systèmes,quels que soient, d’ailleurs, la longueur des relais , la vitesse de marche des con-vois , la force de traction qui correspond à cette vitesse, le tonnage à transporter,la difficulté des pentes à franchir. Est-il réellement impossible que le système an glais puisse remplir les conditions nécessaires, pour que sa dépense ne surpassepas celle du système de M. Arnollet ? C’est ce qu’il n’est pas permis d’affirmeraujourd’hui.
« Une donnée pratique manque pour comparer les frais d’établissement. Onpeut bien évaluer le prix de la puissante machine exigée par le système anglais , etcelui de l’appareil pneumatique, non moins coûteux , qu’elle mettrait en activité.Mais pour le système de M. Arnollet, outre sa faible machine et sa pompe à air depetite dimension, il y aurait à construire trois réservoirs, imperméables et solides ;construction dont il paraît difficile , sinon impossible , d’évaluer la dépense avecquelque exactitude. La capacité de chacun de ces réservoirs devrait être, suivantM. Arnollet, de 6 à 800 mètres cubes , et en réalité beaucoup plus grande , commenous le prouverons bientôt. Il faudrait que les parois fussent de nature à s’opposersûrement à toute rentrée d’air, assez épaisses et convenablement étayées, pourrésistera un excès de pression de 7 tonnes environ par mètre carré de surface, ten-dant à les rapprocher. Le prix de trois bâtiments d’un genre si nouveau, remplis-sant suffisamment toutes ces conditions, serait-il moindre que l’excès considérablede dépense, en machines et pompes à air, exigé par le système atmosphérique an glais ? nous ne saurions le dire à priori, et nous pensons que tout ingénieur impar-tial garderait la même réserve.
« Plusieurs praticiens se sont proposé récemment de rechercher les précautionsà prendre pour diminuer, autant que possible, la dépense en combustible durantles intermittences de l’action d’une machine à vapeur. On cite une expérienceremarquable faite, sur une chaudière ordinaire, dans les ateliers de M. Lemaître,à La Chapelle; d’après cette expérience, plusieurs fois répétée, une interruptiond’une heure, suivie d’une émission de vapeur, durant dix à douze minutes, n’oc-casionnerait qu’un excès de consommation de combustible d’un tiers en sus. Lorsdes interruptions, on fermait soigneusement toute issue à l’entrée et à la sortie desgaz au-dessous de la chaudière ; lors des prises de vapeur, toutes les issues étant,au contraire, ouvertes, on activait la combustion pendant deux à trois minutes, àl’aide d’un ventilateur. Si ce fait se vérifie, la dépense en combustible n’est pas uneobjection sérieuse pour le système atmosphérique anglais .
« D’ailleurs la perte de force que représente l’excès de consommation du com-bustible disparaîtrait bientôt ; car, suivant l’opinion émise dans une autre enceinte