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Tome sixième.
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PUBLICATION INDUSTRIELLE.

par lun de nous, M. Arago, les usines qui réclament ordinairement la puissanceincertaine des cours deau ou du vent, et dautres encore, viendraient se grouperautour des puissantes machines du système atmosphérique anglais , pour utiliserune force régulièrement disponible, autrement sans emploi, et que cette circon-stance même rendrait peu coûteuse. Il en serait tout autrement de lexcès de travaildépensé par le système de M. Arnollet: sa perte serait irrémédiable, et sans profitpour personne.

« Les calculs qui ont servi de base à la comparaison que nous venons détablirfont abstraction de plusieurs causes de perte de force, telles que les rentrées dairpar les soupapes, les inégalités de pression qui doivent exister dans le tube,réchauffement du corps de pompe à la compression de lair expulsé, et drésulte la dilatation de lair aspiré ; toutes circonstances qui exigent une augmen-tation de travail dépensé. Mais on manque de données précises pour évaluer avecexactitude cette augmentation, quil faudrait dailleurs appliquer aux deux sys-tèmes.

« Toutefois, nous devons le reconnaître, le système de M. Arnollet se trouvedans de meilleures conditions que le système anglais pour atténuer les pertes dontil sagit. Le temps pendant lequel la soupape longitudinale laisse rentrer de lairest plus court. Lorsquon raréfie lair des réservoirs, les inégalités de pression doi-vent être incomparablement plus petites que dans le tube, long et étroit, sur lequel lamachine anglaise agit directement. Enfin, la durée beaucoup plus longue de lactiondu moteur, et la petitesse relative de lappareil pneumatique, permettent daugmen-ter ses dimensions et de ralentir sa marche, de manière à diminuer beaucoupréchauffement du corps de pompe.

« M. Arnollet semble admettre, dans son Mémoire, quune force de traction de4 kilogr. par tonne, laquelle est tout au plus suffisante pour faire partir un convoi,suffit encore lorsque la vitesse est de 60 kilom. à lheure, ou de 16 mèt. 65 à la se-conde. Ce nombre est évidemment beaucoup trop faible. Plusieurs observationsfaites sur les chemins de fer des environs de Paris ont conduit à une formule em-pirique fort commode, pour représenter le coefficient de la traction; cette formule,qui se compose dun terme constant, et dun autre proportionnel au carré de lavitesse, donne une traction de 13 kilogr. par tonne pour la vitesse de 16 mèt. 65.On a observé, sur le chemin de Versailles (rive gauche), quun convoi descendantlibrement sur une rampe dun centième, acquérait une vitesse uniforme de 13 à14 mèt.; ce qui donne 10 kilogr. par tonne pour la traction correspondante à cettevitesse. Ces deux nombres sont évidemment concordants, mais ils sont certainementexagérés quand il sagit de forts convois ; car la formule citée suppose que lac-croissement de la traction totale qui résulte de la vitesse, est proportionnel aupoids ; ce qui ne saurait être, puisque la résistance de lair, d dépend cet accrois-sement, doit sexercer principalement sur les premiers wagons, et naugmenterquassez faiblement avec le nombre de ceux qui les suivent.

« En adoptant toutefois la traction de 13 kilogr. par tonne, qui représente unelimite opposée à celle de 4 kilogr., et se servant des formules démontrées dans lesnotes annexées à ce Rapport, on trouve que, pour obtenir une vitesse de 60 kilom.à lheure, avec des convois de 120 tonnes, poids total, il faudrait, à chaque relaide 5,000 mèt. seulement, soit une machine de 200 chevaux, soit une de 20, maisavec trois réservoirs ayant chacun une capacité de 2,000 mètres cubes, ou un seulde 6,000! Ce serait, des deux parts, acheter bien cher lavantage de donner, à une