PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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distinction : elle travaille avec la même énergie les lins les plus doux etles lins les plus durs, elle ne peut pas choisir ; elle exécute tout ce qu’onsoumet à son action avec la même régularité ; lorsque souvent il seraitutile qu’elle pût opérer tantôt avec plus de force et tantôt, au contraire,avec plus de douceur. Néanmoins, malgré ces difficultés, on verra quel’on est parvenu, au moins jusqu’à un certain point, à les surmonter engrande partie, et à produire aussi bien, si ce n’est mieux, qu’à la main ;ce qui prouve que le génie de l’homme en mécanique ne voit pas delimite.
Mais ce n’est pas tout encore : il ne suffit pas de faire des machinesintelligentes, plus habiles même que les ouvriers les plus exercés, il fautque ces machines puissent être alimentées rapidement, à très-peu de frais,et qu’elles puissent remplacer un grand nombre de bras, ce qui n’est véri-tablement pas facile, et ne paraît même pas possible, du moins à en jugerpartout ce qui s’est fait jusqu’ici. En effet, on sait que, quel que soit lesystème proposé, on doit, pour apporter le lin à l’appareil, le pincer parpoignées entre des mâchoires qui le serrent très-fortement afin de résisterà l’action des peignes. Or, l’opération d’ouvrir ces mâchoires ou cespinces, de prendre une poignée' de lin pour l’y placer entre elles, puis deles fermer et de les placer sur la machine, est une opération qui, quoiqu’on fasse, exige nécessairement une certaine main-d’œuvre. Il est vraique l’on forme aisément des enfants ( des garçons de 9 à 10 ans ) pour cetravail, qu’ils font, lorsqu’ils ont acquis de l’habitude, avec une dexté-rité, une promptitude réellement surprenante; c’est dans l’usine que l’onpeut voir, avec admiration, l’agilité de ces jeunes êtres, condamnés à fairela même chose pendant dix à douze heures par jour.
Mais malgré la célérité, l’économie avec laquelle cette opération esteffectuée, il ne faut pas moins de cinq à six enfants, et souvent plus,pour entretenir convenablement une machine qui opère sur 5 à 600 kil.de lin par jour ; il faut, en outre, quelquefois deux à trois ouvriers pourla diriger, enlever les lins peignés et les étoupes, etc.
C’est, sans contredit, la machine de Girard qui, la première, a donnél’idée de s’occuper, en Angleterre, comme chez nous, du peignage méca-nique du lin. Toutes celles qui ont paru depuis ne paraissent être établiesque d’après deux principes, dont l’un, comme le plus naturel peut-être,consiste à laisser les peignes fixes et à promener le lin à la surface commedans le peignage à la main ; mais son application pratique, reconnuecomme défectueuse, l’a fait promptement abandonner. L’autre, au con-traire, consiste à promener les peignes sur le lin qui, lui même, estconduit en sens inverse suivant diverses modifications faites dans l’ap-plication du principe. Cette application a lieu, dans certains systèmespar des courroies ou chaînes sans fin; dans d'autres, au moyen de cylin-dres rotatifs. Ces derniers sont les plus répandus, parce qu’on a reconnula supériorité incontestable des machines à cylindres par leur plus grande