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Tome sixième.
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PUBLICATION INDUSTRIELLE.

Le 10 janvier 1810, M. Guillon prenait encore un brevet de cinq anspour le même objet, cest-à-dire pour une nouvelle méthode dutiliser lespropriétés du charbon comme filtre et comme décolorant.

Les filtres, dit lauteur, sont des poches de toile ou de laine assujétiesdans des paniers dont le fond est à claire-voie, ou dans des caisses de boissans fond et posées sur une claire-voie aussi en bois. Ces paniers ou caissesreposent sur un plan incliné bâti en bois, garni de rebords, couvert enplomb avec une gargouille versant dans un réservoir de plomb ou de fer-blanc, et capable de contenir 500 kil. de sucre clarifié. Le sirop versé chauddans les filtres les traverse dabord chargé de noir, puis peu à peu il sé-claircit, et quand il passe tout à fait clair, on remet par-dessus ce qui a coulédabord, et que, pour cet effet, on a soin de recueillir dans un vase mobile(l).

Treize ans plus tard, le 13 décembre 1823, un brevet dinvention de dixans fut demandé par MM. Jolin-Dubois et Cie, et J. Dumont pour desmoyens de clarification, de filtration et de cuisson des sucres, et fut par lasuite complété par deux brevets daddition et de perfectionnement. Dansleur brevet primitif, les auteurs proposent demployer, pour la filtration,du sable commun de rivière mélangé avec du noir moulu très-fin, puisplus tard, dans le brevet daddition qui leur fut délivré le 24 janvier 1828,ils proposent de remplacer le sable par du noir animal en grain contenantle moins possible de charbon de bois en poudre ; et enfin dans une secondeaddition datée du 19 juin même année, ils emploient définitivement uneseule sorte de noir de grosseur moyenne et égale. Les filtres peuvent êtreétablis dans des caisses longues que lon divise au moyen de cloisons pourformer des carrés de la surface dont on veut avoir le filtre : ces caisses sontdoublées en cuivre mince et munies de faux-fonds percés de trous; ces der-niers sont distancés de 15 à 16 centimètres environ, afin déviter le tasse-ment du noir qui y est renfermé. De cette manière on peut sans inconvé-nient élever la hauteur du filtre à volonté, suivant la quantité ou proportiondu principe colorant existant dans le sirop quon se propose de décolorer (2).

Le 17 septembre 1824, MM. Payen, Pluvinet, Morsier, Didier et Lecerfprirent un brevet de cinq ans pour une matière charbonneuse propre à ladécoloration des sirops, au raffinage des sucres , au traitement du jus défé-qué des betteraves et des cannes à sucre, composée de charbon minéral duschiste bitumineux calciné, mélangé avec environ trente centièmes dosdanimaux. Ce mélange peut être ou pulvérisé en poudre fine après lacarbonisation, ou mélangé à létat de charbon ; dans tous les cas, il a étéreconnu utile, quoique cela ne soit pas indispensable, dajouter au schiste,avant de le carboniser, trois centièmes de carbonate de chaux.

Le charbon, préparé par ces procédés, décolore très-sensiblement plusque le schiste calciné seul et broyé sans addition. De plus, le charbon ainsiobtenu, enlève complètement la chaux en solution, et en raison du charbon

(1) Brevets expirés, t. lu, p. 149.

(2) Brevets expirés, t. xxvn, p. 122.