PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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Lorsque la matière filtrante (le noir en grain) est ainsi disposée et ren-fermée, on garnit les parois de la caisse de quatre longues claies en osier e,puis on recouvre le tout d’un blanchel ou grosse toile/qui forme un im-mense sac dans lequel on place encore les poches E, recevant directement laclairce (1). Ces dernières, au nombre de dix-sept, sont toutes séparées pardes claies g (2) pour éviter leur contact, et sont enchâssées sur les traverses F,percées de larges orifices rectangulaires h. C’est par ccs ouvertures ques’écoule le liquide à filtrer, qu’il pénètre dans les poches oblongues, puiss’écoulant par les interstices de celles-ci, qu’il traverse le blanehet/, etenfin toute la couche de noir pour s’écouler par le robinet inférieur dansdes rigoles en cuivre qui le conduisent aux filtres décolorants.
Dans la raffinerie de MM. Sommier frères, à La Villette , les filtres, quoi-que construits sur des dimensions et sur des principes analogues, présen-tent toutefois des particularités assez importantes. Ainsi la filtration, aulieu de s’opérer du dedans au dehors des poches, s’effectue, au contraire,de l’intérieur de la caisse au dedans de ces dernières, ce qui oblige naturel-lement à placer les claies à l’intérieur des sacs, et à verser le liquide dansla caisse établie en outre en bois et doublée de cuivre. Cette méthode pré-senterait l’avantage de ne pas fatiguer les poches par le poids du liquide,qui dans le système précédent doit tendre toujours à les déchirer.
Toutefois, dans l’un ou l’autre de ces filtres les résultats obtenus sontsensiblement les mômes et peuvent se résumer ainsi, d’après les notes quenous devons à l’obligeance de M. Sommier.
La filtration, une des plus importantes opérations des raffineries desucre, a lieu, comme nous l’avons dit, dans deux espèces de filtres. Lespremiers servant à la clarification, ce sont ceux que nous venons de décrire;les deuxièmes servant simplement à la décoloration, ce sont ceux repré-sentés fig. 4 à 7.
Voici le travail approximatif des filtres clarificateurs.
En supposant une usine munie de cinq filtres rectangulaires, ceux-ci fil-treraient chacun 6 chaudières de clairce d’un diamètre de 1™ 60 et d’unehauteur de 85 centimètres, par conséquent d’une capacité de
l m 60x3.14x0.85 = 1619 litres,
ou en totalité
5 x 6 x 1919 lil = 57570 litresdans un espace de 14 à 15 heures.
Ce résultat peut varier dans de très-larges limites, suivant le degré de laclairce, la nature du sucre, la quantité de noir. 11 est exact, en supposant
(1} Nom qu’on donne aux sirops sortant des filtres ou des chaudières de clarification.
(2) Ces claies régnent dans toute la hauteur du filtre; sur le dessin, elles n’ont que la dimensiondes poches, et sont supportées par trois montants i, mais il est préférable évidemment de les établiruniformément sur toute la hauteur.