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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
de Saint-Maur , on compte jusqu’à quarante paires de meules, qui mar-chent par quatre turbines hydrauliques de Fourneyron(l) ; les moulins deM. Darblay, à Corbeil , sont aussi importants; ceux de M. Tramois, à Gray,de même; à Plombières,près Dijon , il existe une minoterie de seize pairesde meules ; et dans d’autres localités, comme à Lyon, à Provins, à Étampes ,on en voit de huit, dix à douze paires de meules. Avec les moyens d’exé-cution que l’on possède actuellement dans les ateliers de construction, onpeut dire que les différents appareils qui constituent tout un mécanisme demoulin ne présentent aucune difficulté; aussi, depuis plusieurs années,bien des mécaniciens de province, et nous pouvons même ajouter bien descharpentiers, se sont adonnés à cette partie. Tous cependant, parmi cesderniers surtout, n’ont pas toujours réussi, n’ayant pas à ce sujet les con-naissances nécessaires.
C’est parce que , aussi, il faut bien l’avouer, dans l’établissement d’unmoulin, comme, du reste, dans la formation d’une usine quelconque, ce nesont pas seulement les appareils en eux-mêmes qu’il faut considérer, maisbien encore et surtout le meilleur moteur à adopter, les communicationsde mouvement les plus simples, la combinaison, l’agencement des machinesles plus convenables, etc.
Le moteur est évidemment le point sur lequel le constructeur doit porterla plus grande attention, car on sait que la vie de toute l’usine en dépend,mais malheureusement on s’est souvent trompé de ce côté; de là desdéboires, des contestations, et quelquefois des ruines complètes. Aussi,on l’a plus d’une fois reconnu, ce n’est pas toujours celui qui exécute aumeilleur marché qui donne les meilleurs résultats, le plus de satisfactionau meunier ou au propriétaire. Il est souvent bien préférable de payerbeaucoup plus cher, pour avoir des appareils bien montés, des moteursdonnant le plus de force possible avec le plus d’économie, des transmissionsparfaites, non susceptibles de se déranger, etc.
La plus grande partie des moulins marche par des moteurs hydrauliques.Avant l’introduction du système américain, il n’y en avait pas d’autres, parconséquent ils n’existaient que là où il y avait des chutes d’eau ; mais,depuis que ce système a été adopté en France , on a cherché à en établiravec des machines à vapeur, parce qu’alors on a l’avantage de les placerpartout où on le juge convenable, et particulièrement dans l’intérieur desvilles de consommation, au lieu d’être situés quelquefois à de grandesdistances.
Cependant cet avantage n’est pas toujours aussi grand qu’on a pu lecroire d’abord dans certains cas. Ainsi, à Paris , par exemple, les moulinsà vapeur ont été des causes de ruine pour ceux qui les ont montés, parceque le prix de la houille y est beaucoup trop élevé, et n’est pas compensépar l’économie obtenue sur les frais de transport de la farine. Il y a d’ail-
0) Nous avons publié l’une de ces turbines dans le 1 er vol., avec des détails et données pratiquessur leur construction.