PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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leurs une concurrence trop redoutable de toutes les usines qui marchentpar eau, et qui sont à peu de distance de la capitale. A Lyon , au contraire,où le combustible coûte à peine le tiers de ce qu’il revient ici, les moulinsà vapeur produisent avec d’autant plus de succès que les moulins hydrau-liques sont peu nombreux, et que la plupart sont forcés de chômer, fauted’eau, pendant une partie de l’année.
Il existe bien, il est vrai, au quai de Billy, à Chaillot. un moulin à vapeur,qui est même assez important, puisqu’il comprend dix à douze paires demeules, mais nous devons faire remarquer que cet établissement est dansune circonstance tout exceptionnelle. Il ne travaille pas pour le com-merce, il ne fait que les moutures de la guerre, pour l’alimentation de lagarnison de Paris ; on lui livre les blés, et on lui paie tant par hectolitremoulu ; les farines ne sortent jamais au dehors, mais sont directementtransportées à la manutention des vivres, qui est adjacente à la minoterie.On a ainsi monté plusieurs moulins dans différentes villes principales.
Pour diminuer notablement la consommation du combustible et, parsuite, arriver à appliquer la vapeur comme force motrice à faire mouvoirdes moulins avec avantage, on a proposé de monter des fours à coke, etd’utiliser les flammes de ces fours au chauffage de générateurs à vapeur.Déjà un premier essai avait été fait à l’usine de Paludate, à Bordeaux , etnous en avons rendu compte, en publiant, dans notre premier volume,l’appareil disposé à cet effet par M. Clavières. Depuis, une nouvelle tenta-tive, qui a malheureusement été mal conduite, a été entreprise sur uneassez grande échelle, à Orléans , mais les constructeurs y ont perdu beau-coup d’argent, et l’usine n’a môme pas servi à casser un grain de blé.
En présence de la grande production de coke que l’on est obligé defaire pour l’alimentation des lignes de chemin de fer, on est étonné de nepas voir, de nouveau, monter de tels fours, afin de profiter de la plusgrande partie de leur chaleur perdue, en sachant surtout que les gaz quis’en dégagent sont utilisables et susceptibles, avec de bonnes combinaisonsd’appareils, de brûler avec avantage sous des générateurs, comme on lesemploie dans d’autres circonstances, pour le chauffage des fours à chaux,par exemple, et comme on essaie de les employer pour la cuisson desbriques ou pour d’autres applications non moins importantes.
La minoterie que nous avons représentée dans son ensemble sur lespl. 24 et 25, est disposée pour marcher par une roue hydraulique à aubesplanes et à coursier circulaire, suivant le système que nous avons décritavec détails au commencement du tome 1 er , en y ajoutant des tables et desdonnées pratiques, soit pour faciliter le calcul des dépenses d’eau, soit pourdéterminer les dimensions les plus convenables à donner à ce genre deroues.
Nous l’avons dit, lorsqu’il s’agit de monter une usine nouvelle, sur uncours d’eau disponible, il est très-important de bien se rendre compte non-seulement du rendement de ce cours d’eau et de la hauteur exacte de la