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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
les machines à raboter, mais comme on se servait alors d’un écrou qui em-brassait complètement plusieurs filets de la vis, on trouva sans doute l’ajus-tement trop dur, et par suite que les frottements étaient trop considérables.Quoi qu’il en soit, on préféra se servir de crémaillères ou de chaînes sans tin,et retarder le mouvement par des engrenages convenablement combinés.Mais cette disposition exige ou d’employer des roues très-grandes ou despignons très-petits, ou une multiplication d’engrenages qui compliquentla machine et ajoutent d’ailleurs à ses frais d’entretien.
En remplaçant l’écrou par deux galets, qui ne se trouvent chacun en con-tact avec les filets de la vis de rappel que par deux points diamétralementopposés, le constructeur est arrivé non-seulement à diminuer les frotte-ments d’une manière notable, mais encore à éviter les efforts de torsioninévitables dans l’emploi de l’écrou, et il a de plus l’avantage, en donnantaux galets un assez grand diamètre, de transmettre l’effort en des pointséloignés ; ainsi la vis est bien moins fatiguée, et n’éprouve aucune contra-riété, lors même que l’ajustement du chariot ne serait pas bien fait, etque la marche ne serait pas régulière ; avec l’écrou, au contraire, elle seraittantôt trop serrée, tantôt trop lâche, parce qu’il est impossible de faireune vis de cette longueur qui puisse exactement bien coïncider dans toutesses parties avec un écrou occupant plusieurs filets, sans forcer dans despoints ou jouer dans d’autres.
Cette vis de rappel doit être en bon fer forgé, que souvent pour plus dedurée l’on trempe en paquet, en prenant alors les plus grandes précau-tions pour la redresser dans le cas presque certain qu’elle se fausserait à latrempe. Elle peut être faite à double ou à simple filet, suivant que l’oncombine sa première vitesse de rotation plus petite ou plus grande. Danstous les cas, le pas et la vitesse de la vis doivent être calculés pour que lamarche rectiligne du chariot soit de 7 à 8 centimètres au plus par seconde.Or, il est évident que, pour chaque tour de la vis, les galets, et par suite lechariot et la pièce à dresser, s’avancent d’une quantité égale au pas de cettevis ; ainsi dans la machine actuelle la vis étant à double filet et son pas de7 centimètres, le chariot marche donc de cette quantité par chaque révolu-tion ; par conséquent il suffirait qu’elle fit un tour par seconde, ou 60 tourspar minute, dans les circonstances les plus ordinaires où l’on rabote despièces de fonte douce.
A l’une des extrémités de la vis est montée une petite roue d’angle F,qui n’a que 0 m 200 de diamètre primitif, et qui est alternativement com-mandée par deux pignons d’angle à douille F', F", de chacun 0M35 dediamètre. Le premier de ces pignons est fixé sur l’axe horizontal G, par unelongue clavette; la douille du second, qui est tout à fait libre sur cet axe,se prolonge pour porter, vers le bout, la poulie H" (voyez la coupe horizon-