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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
travail, elles sont dressées au marteau avec le plus grand soin ; les rhabilleursqui en sont chargés, les vérifient avec une règle en bois, de la rectitude delaquelle ils se sont assurés d’avance en la faisant coïncider dans toute salongueur sur un régulateur ou règle en fonte très-précise. Ils s’assurentaisément si la meule est bien droite, en posant sur la règle de bois une lé-gère couche de rouge. Les ouvriers rhabillent les meules en frappant descoups légers et parallèles sur toute la surface, à l’aide d’un marteau tran-chant en acier fondu et bien trempé. Les soins qu’ils doivent apporter dansce travail sont très-minutieux et ne peuvent jamais être trop grands, caron conçoit que des meules bien ou mal rhabillées dépend la bonne ou mau-vaise confection de la mouture ; c’est ce qui nous faisait dire, au commen-cement de cet article, que dans l’origine, les rhabilleurs étant extrêmementrares, on n’osait adopter le système de mouture anglaise ; mais aujourd’huion trouve, dans cette profession, un grand nombre d’ouvriers capables etdes contre-maîtres, des gardes-moulins très-intelligents, qui ne sont pasembarrassés pour diriger la manutention d’un établissement importantqui occupe dix à douze paires de meules.
Des fabricants, des industriels du plus grand mérite, ont cherché à opérerle rhabillage des meules mécaniquement; mais cette opération, qui pourraitparaître fort simple au premier abord, présente cependant des difficultés quebien des praticiens regardent comme insurmontables. Si les carreaux quicomposent ces meules étaient de même grain d’une égale dureté, si lesblés à moudre étaient toujours de même nature, on pourrait comprendreque ce travail deviendrait possible à faire par machine ; mais lorsqu’on re-marque que le plus souvent dans la même meule les morceaux ne sont passemblables, mais tantôt durs et tantôt tendres, tantôt très-éveillés et tantôtd’un grain très-serré ; comment combiner un mécanisme qui puisse varierles coups de marteau, pour frapper plus ou moins fort, pour frapper inéga-lement et surtout à propos? 11 faudrait presque que ce mécanisme lui-mêmeeût de l’intelligence. En voyant cependant les progrès immenses que lamécanique a faits depuis un certain nombre d’années, on ne peut regarderla solution de ce problème comme impossible : elle a résolu d’autres pro-blèmes qui présentaient autant et peut-être plus de difficultés. Nous nepouvons donc qu’encourager les personnes qui s’en occupent à persévérerdans leurs recherches, persuadé qu’elles pourront obtenir des résultatssatisfaisants. Déjà depuis quelques années on a exécuté des machines pro-pres au dressage et au rayonnage des meules, c’est un premier pas fait danscette fabrication. Ainsi M. Gilquin, de La Ferté, a adopté la machine deM. Houyau pour le dressage-plan de ses meules, et est l’auteur d’une nou-velle machine qui sert à la fabrication et au rayonnage. MM. Gueuvin,Bouchon et C ie , de la même ville, ont également cherché à dresser leursmeules mécaniquement. Pour le rhabillage, il faut évidemment plus de