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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
tions qui, à notre connaissance, ont été sanctionnées par l’expérience.
La seule difficulté pour faire mouvoir une grue par un moteur purementmécanique consiste seulement, comme nous l’avons dit, en ce qu’on estdans l’obligation de la faire pivoter sur son axe; aussi la première idéea-t- elle été de monter la machine à vapeur avec son générateur sur unesorte de plateau, mobile avec la grue.
Nous retrouvons un appareil de ce genre breveté en faveur de M. Cré-pit, de Châlons-sur-Saône , en date du 22 juin 1847.
Générateur et moteur mobiles avec l’appareil. — Cette grueest entièrement en bois; le pivot est placé à la partie supérieure d’uneforte charpente verticale, solidement assujétie par des jambes de force.Le bras auquel le fardeau est suspendu est un peu incliné par rapport àl’horizontal; il repose vers son milieu sur le pivot, de sorte que le bras estpour ainsi dire double; le côté le plus élevé est muni de la poulie de renvoisur laquelle passe la corde ou la chaîne qui tient le poids à élever en sus-pension, tandis que le côté opposé est relié à des moises horizontales,placées à droite et à gauche au milieu de la hauteur de la charpente verti-cale, qui forme le centre et le point fixe de l’appareil.»
C’est sur ces moises, consolidées par des tirants, reliées au bras en plu-sieurs points, que l’on fixe la chaudière et une petite machine à vapeurhorizontale.
Cette machine, au moyen d’un cabestan à double engrenage, fait mou-voir le treuil autour duquel s’enroule le cdble dès qu’il quitte la combi-naison de deux poulies-moufles qui en augmentent l’effet.
En contre-bas de la machine, environ à 80 centimètres, est un plancherfixe qui sert à porter les hommes chargés de faire tourner la grue sur sonpivot pour déposer, à droite ou à gauche, les fardeaux soulevés.
Cet appareil a été employé au chargement du gravier destiné pour lafourniture du balastre d’un chemin de fer.
La trémie en tôle, étant pleine, pèse 5,000 kilogr., elle est élevée à7 mètres de hauteur dans l’espace de 90 secondes.
La machine à vapeur est de la force de 3 chevaux; elle marche à unepression moyenne de 4 atmosphères.
En fonctionnant 12 heures par jour, elle peut monter, à une hauteurmoyenne de 7 mètres, 1,200,000 kilogrammes.
La dépense en combustible est d’environ 2 hectolitres de houille.
On comprend qu’une machine ainsi disposée peut très-bien fonctionneret rendre, dans certaines occasions, d’utiles services; mais aussi, combiend’inconvénients elle doit présenter, sous les rapports de la construction unpeu compliquée, de l’installation, de la manœuvre, et surtout du grandemplacement qu’elle nécessite !
C’est pour éviter ces inconvénients que divers constructeurs ont cher-ché à séparer complètement le générateur à vapeur de la machine. Noustrouvons à cet effet dans les patentes anglaises, à la date du 26 juin 1849,