gangue siliceuse plus ou moins mêlée d’alumine : c’est donc une assertion qui auraitbesoin d’être vérifiée.
En Angleterre, les établissements de Cokoé (comté de Durham ) alimentent, encokes faits avec des charbons menus, précédemment sans emploi aucun, plusieurshauts-fourneaux des établissements de Hartpool qui consommaient les premierscokes de l’Angleterre (Brunspeth, Maryhill), et la substitution s’est faite avec avan-tage sous tous les rapports. Ici nous avons donné une valeur importante à un pro-duit qui n’en avait aucune : de rien il a été fait quelque chose.
Les forges et hauts-fourneaux de Hemathite-Hayron et C e font usage à White-Haven des menus charbons qui étaient précédemment rejetés.
Nos cokes de Burn-Moor (près Newcastle), faits avec des menus délaissés quel’on brûlait, et qui ont souvent servi à former des remblais de chemin de fer, sontactuellement très-recherchés pour l’exportation, où il importe à un si haut degré dene transporter que des matières utiles.
Dans le pays de Galles, plusieurs exploitants et industriels produisent du cokeépuré de première valeur avec des menus charbons de qualité inférieure.
Pour la traction sur les chemins de fer, l’épuration de la houille n’a pas moinsd’importance qu’en métallurgie. Il importe au plus haut point d’avoir du coke aussipur que possible. A surface de chauffe égale, on peut développer dans un tempsdonné une quantité de vapeur plus considérable qui permet une accélération devitesse : c’est d’une portée capitale pour les trains express.
En outre, la consommation est réduite de toutes les matières incombustibles misessur la grille et du carbone nécessaire pour porter ces cendres à la température dufoyer. Enfin, avec des cokes purs, les tubes s’engorgent moins vite, et l’altération oula détérioration de tous les organes est moins rapide.
Si tous ces faits sont incontestables pour le coke, ils ne sont pas moins évidentspour le charbon, que l’on commence à employer en nature sur les locomotives. Iciplus encore, il importe de lui faire subir l’opération préalable de l’épuration ; la pré-sence du sulfure de fer, se transformant par la combustion en acide sulfureux, exer-cerait une action bien plus rapide d’altération sur les chaudières que lorsqu’il estdéjà en partie décomposé par la carbonisation, comme dans le coke. Les autres rai-sons de l’utilité de la pureté existent également pour la houille crue, soit qu’on l’em-ploie en fragments plus ou moins gros, ou à l’état d’agglomération par le goudron.
Il serait superflu de pousser plus loin ces appréciations pour reconnaître la hauteimportance qu’a déjà acquise la question de l’épuration de la houille, et le rôle con-sidérable qu’elle est appelée à jouer en industrie, dans un temps très-prochain.Lorsqu’on voit le prix du combustible minéral s’élever avec une progression sirapide, il est permis de s’inquiéter de l’avenir. Dans une industrie qui compte enFrance par centaines de millions et en Europe par milliards, toutes les questionsqui se rattachent à l’économie d’emploi d’un produit si précieux, à une meilleureutilisation, à la possibilité de tirer parti de ce qui est quelquefois délaissé, s’élèventà la hauteur des considérations les plus graves de l’économie politique.
Pour compléter ce travail sur l’épuration de la houille, nous donneronsdans un prochain article, l’examen de quelques brevets récents qui nousont paru présenter quelques particularités intéressantes.