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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
que les scies continueraient à marcher, elles ne feraient aucun travailpuisque le bois n’avancerait pas.
C’est alors que le scieur, faisant passer la courroie motrice de la pouliefixe D, à la poulie folle D', doit s’occuper d’enlever les deux madriers ; à ceteffet, il éloigne d’abord les deux cylindres de pression S, et comme aumilieu de la pince q est boulonnée une tige à crochet Z, il y accroche unecourroie passant sur une poulie de renvoi, et à laquelle est suspendu uncontre-poids, puis il prend la poignée y qui est adaptée à l’un des bras dela roue M et la fait tourner en sens inverse, afin de ramener la crémaillèrede droite à gauche ; les deux madriers marchent avec elle, d’autant plusaisément que le contre-poids tend à les tirer. Arrivés à la fin de la course,l’ouvrier ouvre les pinces en desserrant les vis à ressort m afin de retirerces madriers, et se prépare à en mettre d’autres à leur place, pour recom-mencer le même travail.
Parties fixes de la machine. — On a déjà compris, en étudiant lesdifférentes parties mobiles du mécanisme qui précède, la construction detout le bâti fixe de la scierie. 11 se compose principalement des deux grandschâssis verticaux en fonte J, dont la section horizontale présente la formeindiquée sur la fig. 10. Ces châssis sont reliés entre eux parles trois entre-toises en fer s, qui en maintiennent l’écartement, et portés par leurs pa-tins sur les deux poutrelles en chêne J', qui les rendent indépendants duplancher Z de l’usine.
Ces poutrelles sont boulonnées sur deux espèces de tréteaux J 2 , compo-sés également en charpente, et reposant par de larges patins sur le sol enpierres qui reçoit la commande. De cette sorte, tout le système est parfai-tement solidaire et présente toute la sécurité désirable pour la durée et lasolidité générale.
Les rouleaux P sur lesquels reposent le chariot et les madriers à scier,sont aussi placés sur des consoles ou supports en fonte P' dont la base estboulonnée sur des solives P 2 prolongées parallèlement sur la longueur duplancher, et ils sont en nombre suffisant, soit à droite, soit à gauche de lamachine, afin de correspondre à la plus grande longueur des bois à débiter.
RÉSULTATS PRATIQUES DES SCIERIES A PLUSIEURS LAMES.
La vitesse des châssis porte-scies est de 120 à 130 coups par minute;elle s’élève quelquefois, dans certaines usines, à 150 et même à 160 coups,mais c’est rare, on ne le fait que dans des cas pressés, et lorsqu’on tientmoins à un travail précis, bien régulier. Au reste il faut une grande sur-veillance et une longue habitude pour atteindre les résultats extraordi-naires que l’on a cités dans des circonstances particulières. C’est ainsi qu’àla scierie de M. Levins, à Auteuil, on a scié, en un jour, 200 madriers desapin, de 5 mètres de longueur, à deux traits; d’où il résulte que l’on a dûpar cela marcher à 150 coups par minute, et faire avancer le bois de 9 à