PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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vent, ce qui cause non-seulement des pertes de temps et des chômages,mais surtout des pertes réelles de produits qui peuvent s’élever à un etquelquefois môme à deux pour cent.
Ce moyen n’évite pas évidemment toute l’évaporation : il se dégagetoujours de la folle farine qui trouve des issues par les moindres fissuresdes conduits qu’elle parcourt ; mais on peut dire cependant qu’il en sup-prime une grande partie, et qu’il remédie d’ailleurs au plus grand incon-vénient, celui de la condensation, qui est, sans contredit, le plus à éviterdans la fabrication. On peut, en effet, se convaincre chez M. Darblay que,depuis qu’il a adopté le calorifère, il a réellemeut très-peu de perte.
Plusieurs habiles négociants-meuniers de la Ferté-sous-Jouarre s’oc-cupent en ce moment, d’après l’idée d’un mécanicien qui leur en a pré-senté le modèle, de faire établir une paire de meules avec laquelle ilsespèrent éviter tout échauffement de la mouture. Ce système consiste àpratiquer dans l’épaisseur de la meule courante des entailles étroites etprolongées du rayon à la circonférence, mais dirigées obliquement, demanière à permettre l’entrée de l’àir extérieur entre les deux surfacestravaillantes des meules, et sans pourtant laisser monter la farine. Pourfaciliter, d’après l’auteur, cette introduction de l’air, il se propose d’éta-blir des espèces d’ailettes, convenablement inclinées, qui tendraient,pendant la rotation de la meule, à le faire refluer dans les ouvertures.
Quelque éventuelle que soit encore la réussite de ce procédé, on voitque l’idée principale consiste à empêcher, par l’affluence d’une grandequantité d’air froid, la mouture de s’élever à une haute température aumoment où elle est soumise à l’action des meules, et à éviter, par suite,l’évaporation et la condensation.
La meule, traversée par ces ouvertures, doit être naturellement ren-fermée dans une cuvette en fonte; mais on ne comprend pas bien qu’onpuisse parvenir à y faire pénétrer une grande masse d’air, à cause de lavitesse considérable avec laquelle elle tourne, et de l’action de la forcecentrifuge qui en résulte. Nous nous ferons toutefois un devoir de rendrecompte de ces essais, dès qu’ils auront produit quelques résultats.
L’un dés meuniers qui s’occupent de cette question nous dit à ce sujetqu’il pensait faire préalablement échauffer le grain, soit eh sortant dunettoyage, soit plutôt en le soumettant à l’action d’un comprimeur. îlcroit que lé blé concassé, ayant déjà une certaine température, avant depasser entre les meules, doit se moudre plus facilement, et produire moinsd’échauffement. Il pourrait produire sans doute moins de condensation,par cela même qu’il serait plus sec. Cependant cette idée serait opposée àce qui se fait dans certains établissements, où l’oh humecte le blé dansdes cylindres mouilleurs en sortant du nettoyage avant de le rendre auxmeules.
M. Gosme, par son système de meules annulaires, que nous allonsdécrire plus loin, peut, sans aucun doute, diminuer notablement l’évapo-