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CALCULS ET DONNÉES PRATIQUES
SUR LES DIMENSIONS DES COURROIESEMPLOYÉES DANS LES TRANSMISSIONS DD MOUVEMENT.
Après avoir décrit la construction d’un moulin à blé, marchant par cour-roies, il nous a semblé qu’il était convenable de faire connaître, à ce sujet,les données pratiques relatives aux dimensions qu’il serait bon d’appli-quer, en général, dans toutes les transmissions qui se font par des cour-roies. Comme nous sommes convaincu que ces données ne sont pas suffi-samment connues d’un grand nombre d’industriels, nous avons pensé quecette question, qui est utile, d’ailleurs, à tous les constructeurs et manu-facturiers, serait vue avec quelque intérêt.
Nous avons dû, pour cela, avoir recours à un premier travail fortcurieux qui a été présenté, sur cet objet, à la Société industrielle de Mul-house, il y a plusieurs années, par M. Laborde, ingénieur mécanicien degrand mérite.
Cet ingénieur, avant de poser le principe sur lequel il a basé le calculdes largeurs à donner aux courroies, a fait les observations suivantes ;
1" La résistance à vaincre doit être moindre que la force qui feraitglisser la courroie sur la poulie.
2° La tension ne doit pas aller au point d’étendre le cuir.
3° La tension ne doit pas non plus augmenter inutilement la frictionsur les pivots ou les coussinets.
4° Une courroie doit être flexible, c’est-à-dire qu’elle doit pouvoir seployer facilement dans toutes les parties.
Les trois premières conditions sont tout à fait évidentes, et n’ont pasbesoin d’explication ; de la quatrième on peut conclure qu’une courroie nedoit jamais être doublée, mais se composer seulement d’une seule épais-seur de cuir en plein suif. Dans un simple cuir, en effet, les fibres qui lecomposent s’allongent et se contractent en passant sur les poulies, sansqu’il en résulte aucun inconvénient pour sa texture, tandis que les deuxcuirs dont est composée une courroie double subissent un tel frottementl’un sur l’autre, malgré les nombreux points de couture au moyen desquelsils sont réunis, que la destruction s’efiectue rapidement; aussi doit-on lesabandonner complètement.
L’auteur conseille également, pour empêcher les courroies de se dessé-cher, de les graisser de temps à autre avec du suif pur ou mêlé de sain-doux. Cette méthode est très-recommandable dans l’intérêt de leur con-servation , autant que dans celui de leur flexibilité ; on peut la pratiquerpendant la marche même des machines. On remarque alors que les cour-roies glissent pendant quelques minutes, mais bientôt après elles fonc-tionnent d’autant mieux.
Enfin, une dernière observation pratique dont l’expérience a suffisam-