IG PUBLICATION INDUSTRIELLE.
Lorsqu’au contraire, on doit transmettre de grandes forces avec desvitesses peu considérables, il importe, pour ne pas avoir des courroiesd’une largeur démesurée, comme celles obtenues en tête et à droite de la2 e table, de prendre les cuirs les plus forts possible, pour permettre de ré-duire cette largeur, et de les appliquer sur des poulies d’un grand diamètre.
On n’a pas eu égard au poids propre de la courroie, qui, dans de certainscas, doit s’ajouter en tout ou en partie à l’effort à vaincre, et dans d’autresdoit s’en retrancher; comme il influe toujours très-peu sur les résultatspratiques, on peut, sans crainte, ne pas le faire entrer en considération.
Lorsque les résistances des machines à mouvoir ne sont pas constantes,il faut évidemment déterminer la largeur de la courroie d’après le maximumde ces résistances, et non sur une moyenne.
Courroies en boyau. — En terminant ce sujet, il ne sera peut-êtrepas superflu d’annoncer qu’un inventeur anglais , M. John Edwards, a eul’idée de faire des courroies en boyau, préparé en bandes plates sans fin,de différentes longueurs et largeurs, pour être employées sur des poulieset tambours, et réunies sans joints apparents. Les fils de boyau sont tissésen rubans, sur des métiers semblables à ceux sur lesquels on fabrique lestoiles métalliques, et les réunions sont faites au moyen de l’épissure, pourlaquelle on a le soin de couper ou de brûler les extrémités des fils entre-lacés , afin d’obtenir des bandes parfaitement unies.
On sait que l’on a essayé de faire des courroies avec des substancesfibreuses, comme du chanvre et de la laine ; mais on a pensé jusqu’à pré-sent qu’elles ne peuvent présenter la même résistance que le cuir. Lesboyaux ont déjà été et sont encore employés avec avantage, mais seule-ment jusqu’ici en forme de cordes passant sur des poulies à gorge.
Courroies en laine. — Une autre patente a aussi été prise en Angle-terre, par M. J. Heywood, pour un système de courroies ou de bandes enlaine, que l’auteur fait passer dans un mélange d’huile de lin et de résine.Il fait bouillir 3 kilog. d’huile, par exemple, et y ajoute 2 kilog. de résineen poudre qu’il agite jusqu’à parfaite union ; après avoir trempé les bandesde laine, il les soumet à l’action de deux rouleaux pour les étirer sur leurlongueur et les fait ensuite sécher.
Ces inventions pourraient avoir de l’avenir si on arrivait ainsi à faire descourroies très-résistantes, d’une grande durée, et surtout d’un prix moinsélevé que celui du cuir.
Courroies en gutta-percha. — MM. Rattier et C e exploitent sur unegrande échelle les courroies en gutta-percha qui donnent de fort bonsrésultats ; ils ont aussi imaginé de garnir l’intérieur de ces articles d’untissu métallique qui en empêche l’allongement.