Band 
Tome troisième.
Seite
20
JPEG-Download
 

20

PUBLICATION INDUSTRIELLE.

Ainsi, MM. Leistenscheneider et Noirot ont obtenu, le 22 octobre 184-0,un brevet dinvention de 10 ans pour une machine quils nomment Rha-billeuse, et quils disent propre à tailler les meules de moulins.

Cet appareil consiste à faire dun seul coup une taille tout entière dansla largeur du rayon de la meule, à laide dun certain nombre de ciseaux(30, par exemple), ajustés dans une espèce de pince, que des cames,mues par un arbre à manivelle, soulèvent et laissent retomber à propos.Une disposition inhérente à la machine permet aussi de la faire tourneraussitôt et à chaque fois quune taille est faite.

On voit quen admettant que lon puisse frapper une longue taille dunseul coup, sur une meule en pierre très-dure, la machine ne pourraitencore remplir le but des rhabilleurs, en ce que, comme nous lavons dit,dans une même meule, les carreaux ne sont pas semblables, mais plus oumoins durs, plus ou moins profonds et plus ou moins écartés, suivant lanature de la pierre, quun garde-moulin, expérimenté, sait reconnaître aupremier coup dœil.

Cette machine serait donc tout au plus applicable dans un système demeules annulaires étroites, comme celles de M. Gosme, dont la surfacetravaillante est considérablement réduite, et pour lesquelles on peut avoirdes pierres à peu près identiques.

Un meunier intelligent de Bar-le-IJuc, M. Legrand, a demandé enseptembre 1841 un brevet dinvention, qui lui a été délivré le 7 mai sui-vant, pour une machine propre à rhabiller les meules.

En voyant les tracés, on peut aisément reconnaître que lauteur a com-pris les difficultés à vaincre dans lopération du rhabillage, aussi ce nestréellement pas une machine quil a cherché à établir, niais simplement uninstrument propre à guider louvrier qui est chargé de ce travail. Ainsi,M. Legrand laisse entièrement à la disposition du rhabiileur la force et lenombre des coups de marteau. Il a conçu son appareil de manière à obtenirsur la surface de la meule une ciselure très-régulière. Il la compose duneespèce de règle, qui peut tourner autour du centre de la meule, et se fixerpar un vis de pression que lon serre à la circonférence. Sur cette règleest un chariot ou support mobile que lon peut faire glisser le long decelle-ci, et qui porte le ciseau propre à former les tailles; lécartement deces tailles peut être très-régulier, au moyen dun guide convenable quilapplique à cet effet à la règle.

M. Dard fds, de Troyes , a également demandé un brevet dinventionpour une machine destinée au rhabillage des meules. Comme M. Legrand,lauteur a aussi compris quon ne pouvait remplacer complètement lerhabiileur, mais seulement lui diriger la main pour lécartement et leparallélisme des tailles.

Comme cet appareil a été approuvé par un grand nombre de meuniersrecommandables, nous avons cru devoir en donner le dessin exact, dansce Recueil, avec l'espoir quil serait vu avec intérêt.