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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
coussinets qui, par leurs fonctions, se réduisent à trois, dont deux se meu-vent parallèlement entre eux et successivement, de manière à présenteren prise, avec la matière, l’arête de chacun d’eux, ou l’équivalent d’unpeigne à fileter.
A l’exposition de 1839, parurent aussi deux systèmes de filières quiavaient également pour but de couper la matière : l’une se composait detrois coussinets, dont deux métalliques, opposés au troisième, qui, nedevant servir que de conducteur, pouvait être simplement en bois. L’autrefilière se composait de quatre coussinets très-étroits, diamétralement oppo-sés, et renfermés dans,un' cercle portant des échancrures excentrées; cecercle, denté à la circonférence, pouvait rapprocher à la fois les quatrecoussinets, en le faisant tourner.
Enfin, M. de Lamorinière présenta aussi, en 1839, un taraud à expan-sion ayant pour but : 1° de dispenser de l’emploi des séries de taraudsnécessaires à la confection des écrous ; 2° de couper le métal pour éviterles chances de casse des tarauds, lorsque la masse de métal qu’il faut dépla-cer ou recevoir est trop considérable; 3° de tarauder la fonte, qui, à causede sa fragilité, ne se prête pas au déplacement des diverses molécules quila composent; 4° de donner facilement à chacune des parties travaillantesla faculté de s’ajuster sur la meule, lorsque ces parties sont émoussées ouégrénées.
Ce taraud, construit sur de fortes dimensions, chez M. Mariotte, a étédessiné dans le tome XXXIX du Bulletin de la Société.
Tous les outils destinés à être mis entre les mains des ouvriers n’ont pasété jusqu’ici, que nous sachions du moins, appliqués à des machines fonc-tionnant d’une manière continue. Or, pour les ateliers de construction,qui marchent par un moteur, il est essentiel de faire le plus grand nombred’outils, pour qu’ils puissent être mis en mouvement par le moteur. Ondoit évidemment chercher à réduire les bras le plus possible ; les hommesqui y sont employés doivent plutôt y développer leur intelligence qu’y fati-guer leur corps. Un ouvrier qui sait bien conduire un outil est certaine-ment plus utile à l’établissement que celui qui veut faire le travail de cetoutil à la main; le premier fera mieux et plus vite, et sans se donner au-tant de peine que le second.
Ainsi, pour tarauder un boulon de 4 à 5 centimètres de diamètre avecdes filières à main ordinaires, deux hommes pourront à peine suffire, ense fatiguant beaucoup ; et quoique, avec une filière à coussinets coupants,un seul homme parvient à le faire, il se donnera encore beaucoup depeine ; tandis qu’avec une machine continue, ce même homme n’auraitqu’à diriger le travail, à vérifier la coupe des coussinets, à les affûter detemps à autre ; son intelligence est plus exercée, son esprit peut s’occuperpendant que le corps reste en repos.
Aussi, à mesure que nous avançons en industrie, que les outils, que lesmachines de toutes espèces se multiplient, il faudra nécessairement beau-