FILATURE DU LIN.
63
fois dans mon brevet d’invention du 18 juillet 1810, et dans mes diversbrevets de perfectionnement , et, plus tard, dans la patente que mes asso-ciés, MM. C... et L..., prirent, sans ma participation, en Angleterre,en 1815, et dans celle qui me fut donnée par le gouvernement autrichienen 1816. »
«Ces actes authentiques contiennent, en outre, la description de toutesles machines et de tous les procédés au moyen desquels ces deux inven-tions primitives ont été exécutées. On chercherait vainement dans lesfabriques du continent et dans les fabriques anglaises quelque chosed’essentiel à la filature du lin, et qui ne se trouve pas décrit dans cesactes (1).
« Mais je ne me suis pas borné à consigner mes inventions dans despatentes stériles; il ne sera pas nécessaire, pour en rendre l’honneur à laFrance , qu’un jour à venir quelque savant illustre consacre ses noblessoins à chercher dans mes divers brevets l’idée mère de cette importante
(I) <i II est très-important de faire remarquer ici que l’on ne doit pas rechercher, dans mon bre-vet d’invention du 18 juillet 18*0 et dans mes divers certificats de perfectionnement, un traité métho-dique de îa Hlature mécanique du lin. Tous mes procédés, ayant dû nécessairement être consignésdans ces divers actes à mesure que je les invenlais, s’y trouvent rassemblés sans ordre, et la plu-part s’y représentent plusieurs fois, d’abord comme de simples aperçus ou des esquisses non encoresimples.
« il est plus important encore d’observer que c’est d’après les brevets originaux qu’il faut jugermes inventions, et non d’après l’extrait inséré dans la collection des brevets d’invention publiée parordre du gouvernement, et dans lequel mes inventions sont tellement mutilées, que l’on n’y trouvede mon invention fondamentale des étirages à série de peignes sans fin, que mes premiers essaisdans lesquels les peignes étaient attachés sur des bandes de cuir : ma construction définitive, celledes séries assemblées par des charnières, et décrite dans le certificat de perfectionnement du 28 juil-let *810, a été entièrement omise; c’est cette omission qui a contribué, sans nul doute, à la lenteuravec laquelle la filature du lin s’est propagée en France ( *).
(*) Tous les dossiers des brevets d’invention, de perfectionnement et d’importation, sontdéposés, dès leur expiration ou leur déchéance, aux archives du Conservatoire des arts et métiers , où tout le inonde peut être admis à les consulter au besoin. Les dessins etles descriptions sont publiés successivement, mais sans examen préalable, et forment parannée deux ou trois gros volumes in-i° qui se trouvent dans un grand nombre de biblio-thèques et au secrétariat de toutes les préfectures. Souvent on supprime tout ou partie dutexle ou des dessins;et les figures, réduites à une très-petite échelle, ne rendent pas tou-jours la pensée de l’auteur. C’est ce dont se plaint, non sans motif, M. de Girard, et aveclui peut-être d’autres inventeurs.
II faut dire aussi que bien des auteurs ne fournissent pas avec leur’ demande une expli-cation , d’une invention ou d’un perfectionnement, suffisamment claire et précise, ou destracés assez corrects et assez intelligibles. Us ne sauraient cependant, dans leur intérêt, yapporter trop de soin; car souvent d’une description bien faite, d’un principe bien posé,d’un dessin bien rendu, dépend l’avenir de l’invention la plus importante. On a vu desprocès perdus par des inventeurs, à cause de quelques phrases embrouillées, ou à doublesens, et ne faisant pas comprendre l’idée réelle et principale de l’invention. Nous ne par-lons ainsi que dans l’intérêt des industriels, en général, mais non pas évidemment pourM. de Girard : nous nous empressons de reconnaître que ses dessins et scs descriplionssont d’une lucidité parfaite, et que cet habile ingénieur était bien pénétré de ses pensées,en formant ses demandes de brevets.