PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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création. L’invention de la filature du lin appartient à la France bien pluscomplètement encore que celle des machines à vapeur. Papin avait conçu,avait prédit cette immense découverte; il la consigna dans ses écrits, maiselle ne fut point réalisée. L’invention de la filature mécanique du lin a étéexécutée en France aussitôt que conçue. Dès sa naissance, elle a constituéune branche d’industrie complète, et quand, après vingt-cinq ans, elleétonne l’Europe par son immense accroissement, nous retrouvons dansces fabriques colossales le même système, les mêmes inventions, les mêmesprocédés qui sont décrits dans mes brevets ci-dessus cités, et qui furentétablis par moi, en 1813 et en 1814, à Paris , dans les deux modestes fila-tures de la rue Meslayet de la rue Charonne; en 1816, dans la filatureimpériale d’Hirtenberg , en Autriche ; en 1819, en Saxe , dans la filature deM. Krans, à Schemnitz . Vers le même temps, le gouvernement prussienme fit proposer, pour l’importation de mes inventions, des conditions queje ne pus accepter; ces inventions n’en furent pas moins bientôt intro-duites dans plusieurs fabriques en Silésie . Enfin, lorsqu’en 1825 je fusappelé par le gouvernement polonais, ce fut d’après les mêmes procédésque j’établis, sous ses auspices, une grande filature avec un capital primitifd’un million de florins. A l’entour s’élève une nouvelle ville à laquelle on adonné mon nom, et qui a déjà pris place sur les cartes de Pologne . »[Girardow, à 6 milles sud-ouest de Varsovie .) (1)
(O « La première machine préparatoire de cet ancien système (machine à rubaner ou à étaler)se compose d’une paire de cylindres fournisseurs et d’une paire de cylindres étireurs, entre lesquelsse trouve un tambour de 40 à 42 centimètres de diamètre, sur la circonférence duquel le lin est ap-puyé pendant l'étirage, au moyen de quelques cylindres agissant seulement par leur poids; il en estde même des machines à doubler et étirer, et des machines à filer en gros (bancs à broches). Quantà la filature en fin, elle est ce qu’elle était encore dans toutes les filatures anglaises jusqu’en 4826,c’est-à-dire que le lin y est filé dans toute sa longueur.
« Les machines à filer l’étoupe sont disposées d’après le même système : on y trouve, outre unecarde à étoupe, semblable à celle dont on se sert encore aujourd’hui, les étirages, composés d’unepaire de cylindres fournisseurs, de deux paires de cylindres intermédiaires et d’une paire de cylin-dres étireurs, et la machine à filer en fin, qui ne diffère des précédentes qu’en ce qu’elle n’a qu’unepaire de cylindres intermédiaires. »
[La suite page 189.)