MACHINES LOCOMOTIVES.
105
quantité de vapeur à produire, et de l’obligation où l'on se trouve de trans-porter les appareils de vaporisation avec l’eau et le combustible. Les tubesen usage dans les premières locomotives pouvaient avoir 8 à 9 centimètresde diamètre , on les a réduits successivement jusqu’à 5 et même 4 centi-mètres. On s’est arrêté définitivement à ces diamètres, parce qu’en les fai-sant plus petits, ils s’engorgent très-facilement et on est dans l’obligationde les nettoyer trop souvent.
Ces tubes furent d’abord faits en cuivre rouge, et quelquefois en bronze,puis en laiton, laminé, recourbé et étiré au banc ; ceux-ci furent préférés,comme étant plus économiques et susceptibles de plus de durée. Il y aplusieurs années, au chemin de fer de Saint-Germain, on a essayé destubes en fer auxquels on soudait quelquefois des bouts en laiton, pourles réunir aux plaques qui doivent les porter, et on lésa abandonnés,parce qu’on a reconnu qu’ils s’oxydaient rapidement, surtout sous la partieinférieure qui est moins garantie par les dépôts calcaires, et qu’ils sepiquaient à tel point qu’ils étaient presque traversés par les trous imper-ceptibles qui s’y formaient. Cependant, la fabrication des tuyaux en ferétirés ayant pris une grande extension et s’étant bien améliorée, on a dûrevenir surl’idée qu’on s’en était formée,et maintenant on en fait l’applicationdans quelques locomotives, après les avoir éprouvés à des pressions énormes,bien supérieures à celles voulues, et auxquelles ils résistent bien. Mais ilserait important pour rendre cette application vraiment avantageuse, dechercher à empêcher l’oxydation, pour qu’ils se conservent et présentent lamême durée que le laiton. Elle pourrait ainsi devenir d’autant plus heu-reuse , qu’étant alors de même métal que le corps de la chaudière, ledegré d’allongement, résultant de la dilatation, devient à très-peu près lemême; tandis que les tubes en cuivre, ayant une dilatation sensiblementplus considérable que le fer, tendent à repousser les fonds auxquels ilssont assemblés, et par suite à se disjoindre et à produire des fuites (1).M. A. Stephenson a livré depuis peu, à la compagnie du chemin d’Or léans , quelques locomotives qui ne portent que des tubes en fer.
Des trous circulaires sont convenablement pratiqués dans les deux pla-ques qui séparent le corps de la chaudière des boîtes à feu et à fumée, afinde recevoir l’extrémité des tubes à frottement; pour les y assujettir, on ychasse à coups de masse des viroles en fer ou en acier, formant embased’un bout pour la tête, et tournées légèrement en biseau, et de l’autre pourl’entrée; on introduit dans l’intérieur de ces viroles des mandrins coniquespour tendre à les agrandir et à former le joint plus parfait. MM. Stehelin et
(I) Le Ter forgé se dilate de O à 100» de I/ 819 de son volume.
Le fer rond passé à la filière » 1 / 8)2 »
Le cuivre rouge laminé ou étiré » 1/582 »
Ainsi des tubes en laiton de 2m 690 de longueur à 0°, auraient à 100° 2m 695, tandis que la chau-dière de même longueur à o°, ne serait, à 100°, augmentée que de 0 m 0033 ; il y a donc une différencede près de 2 millimètres qui n’existeraient pas avec des tubes en fer,