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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
Huber proposèrent de remplacer les viroles fermées par d’autres ouvertes,qu'ils appelèrent viroles fendues et à clavettes, et pour lesquelles ils prirenten 1840 un brevet d’invention de 15 ans. Par ce système, ces viroles se dé-térioraient aisément, si l’ouvrier ne frappait pas bien d’aplomb, la face dela virole n’était plus sur le même plan, et la clavette marchait difficilement;et de plus la partie de la clavette qui dépassait le tube était rapidementbrûlée ; ils disaient qu’il suffirait de frapper sur les clavettes pour res-serrer le joint, quand une fuite se manifesterait; mais ils ne pensaientprobablement pas alors aux mauvais etîets qui en résulteraient. M. Gail,du Creuzot, a eu l’idée de faire les trous, propres à recevoir les tubes, àfeuillure, c’est-à-dire de les faire, sur une partie de l’épaisseur des plaques,plus grands de diamètre que le reste de l’épaisseur. D’autres fabricants ontproposé de tarauder les trous, au moins dans la plaque de la boite à fu-mée, puis d’y ajuster les tubes à vis et de les river; mais ces divers moyensne paraissent pas encore être adoptés.
Dans les petites locomotives à quatre roues, on ne met généralement pasplus de 80 à 90 tubes, et dans les grandes à six roues, on en compte 115 à130, et quelquefois 140 à 150. Le poids de chaque tube en cuivre est de 6 à 8kilogrammes; il se réduit quelquefois de plus de moitié, par le frottementdu charbon et des cendres, comme parles oxydations ; il se détruit surtoutpromptement vers la partie qui s’approche du foyer. Quand on est dansl’obligation de le remplacer, on fend les viroles à l’aide d’un burin, et onles recourbe à l’intérieur, afin de pouvoir retirer le tube.
Les tubes doivent être toujours disposés, dans l’intérieur de la chaudière,par rangées horizontales, et de telle sorte que tous ceux qui se trouventdans une même rangée ne soient pas dans le même plan vertical que ceuxqui appartiennent à des lignes immédiatement supérieures ou inférieures,mais au contraire passent par le milieu de l’espace libre laissé entre cesderniers. Cette disposition paraît préférable à celle de placer les tubes dansdes plans verticaux consécutifs, parce que le passage de l’eau qui s’élèvependant l’évaporation du rang inférieur, par exemple, peut se faire aisé-ment entre deux tubes du second rang, mais plus haut elle rencontre destubes qui sont exactement au-dessus des premiers ; elle est alors obligée dedévier à droite et à gauche pour rencontrer de nouveau des tubes placéscomme ceux du second rang ; une telle division tend à augmenter la tem-pérature de l’eau et permet à chaque tube de donner la chaleur par tousles points de sa surface.
Lorsque, au contraire, les tubes sont disposés dans des plans verticauxnon alternés, l’eau peut mouter entre eux, directement depuis le basjusqu’en haut par un canal qui peut être plus étroit, à la vérité; maiscomme elle n’est plus forcée de circuler autour des tubes, elle ne lèchequ’une partie de leur surface.
Le niveau de l’eau dans la chaudière, lorsque l’appareil fonctionne, doittoujours être à 8 ou 10 centimètres au-dessus de la paroi supérieure du