MACHINES LOCOMOTIVES.
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Il serait bien à désirer, pour cela, que les compagnies des chemins de fer,et le gouvernement, voulussent bien se prêter à ces essais qui sont autantdans leur intérêt que dans celui de l’inventeur.
Les roues motrices de la Gironde sont en fer, elles portent chacune 14bras ou rayons, qui sont d’abord forgés avec des fragments de jante, etsoudés à chaud, de manière à former une seule couronne. Le moyeu quiréunit tous ces bras au centre, est coulé en fonte ; dans plusieurs machines,MM. Schneider l’ont fait aussi en fer forgé, comme quelques construc-teurs, mais ce dernier mode est évidemment plus dispendieux.
Sur la couronne tournée, on rapporte à chaud le cercle à rebord, ou labande en fer à boudin, qui doit se trouver en contact avec les rails; cerebord est indispensable pour que la voiture ne puisse sortir de la voie, ilexiste toujours du côté intérieur. La surface extérieure de la bande doitêtre aussi un peu conique, c’est-à-dire plus grande de diamètre vers leboudin que vers l’autre face opposée, afin de pouvoir passer les courbes.
On a essayé et mis à exécution divers systèmes de roues, tantôt partieen fonte et en bois, tantôt partie en fer et en fonte, avec des rails pleins oucreux, des jantes et des moyeux allégis par des évidements, et coulés ouboulonnés; mais le mode de construction adopté pour la Gironde , commepour un grand nombre d’autres machines, est, sans contredit, l’un desmeilleurs. Dans Y Industrie des chemins de fer, de MM. Armengaud frères,on peut voir les tracés des principales roues en usage et adoptés par lespremiers constructeurs, tels que Stephenson, Bury, Tayleur, etc.
Des petites roues et de leurs axes. — La plus grande partie deslocomotives que l’on construit sont à six roues, dont les deux principalesreçoivent le mouvement des pistons, et transportent, comme nous venonsde le dire, l’appareil et son train, par leur adhérence sur les deux rails :les quatre autres roues, toujours plus petites, quand les machines ne sontdestinées qu’au transport des voyageurs, ne servent que de supports à toutl’appareil; telles sont, dans la Gironde , les roues R' et R 2 , dont la construc.tion est exactement analogue à celle des premières et qui sont montéesvers l’extrémité des essieux droits S' et S 2 .
La charge sur ces six roues est généralement répartie de telle sortequ’en représentant par 1, celle qui a lieu sur les deux roues de derrière,les deux roues de devant supportent un poids double environ, et les rouesmotrices un poids à peu près triple, et quelquefois plus.
On peut aisément reconnaître la bonne ou mauvaise répartition de lacharge d’une locomotive sur les essieux, en examinant le mouvement ver-tical des boîtes à graisse dans les plaques de gardes, lorsque la machine vientde fonctionner. Quand les ressorts sont trop peu chargés, le mouvement ver-tical est plus considérable : il y a lieu alors de raccourcir les menottes de cesressorts pour reporter plus de poids sur leurs essieux. La bonne distribu-tion de la charge est reconnue à la douceur de la marche de l’appareil, et àl’absence de bruit et de secousse, lors du passage des joints d’about des rails.