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Tome troisième.
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MACHINES LOCOMOTIVES. 125

dune certaine quantité le milieu de sa course : cest cette quantité quonest convenu dappeler avance du tiroir.

« Lobjet de cette modification dans la distribution, disent MM. Flachatet Petiet, est d'augmenter lapuissance des machines, en leur permettantde conduire les mêmes trains à une plus grande vitesse.

« Si on considère un train au moment du départ, ou sur un point duchemin de fer il faut faire usage de la pression entière de la vapeur, etpar conséquent aller fort lentement, les effets de lavance du tiroir sont dediminuer la puissance de la machine ; mais ce cas est tout à fait exception-nel ; ce nest, pour ainsi dire, quune position déquilibre. Il faut considérerles machines en marche et à leur vitesse normale; il faut les considéreravec leur pression réduite sur les cylindres, et alors, sil est prouvé quavecle môme train, la même machine acquiert une plus grande vitesse quandson tiroir a de l'avance, il est évident que sa puissance est augmentée, etquelle pourrait remorquer, à la même vitesse que précédemment, unecharge plus considérable.

« Pour apprécier les avantages de lavance du tiroir, il faut dire les incon-vénients de la distribution ordinaire de la vapeur quand lavance nexistepas. En comparant les surfaces de section des lumières avec les espacessuccessifs parcourus par le piston, on trouve que le rapport des vitesses est,en général, de 1 à 10. Si on tient compte de la contraction et de la vitesseirrégulière du piston, on trouve que la vitesse découlement de la vapeur est,au maximum, de 70 à 80 mètres par seconde, pour une marche de 16 lieuesà lheure. Toute vitesse a une pression initiale : en recherchant celle qui estnécessaire pour produire cette dernière, on trouve que 1/50 datmosphèresuffirait. La différence de tension entre le cylindre et la conduite princi-pale de vapeur est donc insignifiante; et, fût-elle plus considérable, elle nenuirait pas, puisquà grande vitesse, la génération de la vapeur dans lachaudière ne suffit quà entretenir une tension réduite dans le cylindre, etquil y a toujours un étirage par le régulateur. Le second étirage qui au-rait lieu par la distribution naurait aucun effet, puisquon le corrigeraiten ouvrant un peu plus le régulateur.

« En étudiant ensuite lécoulement de la vapeur à la sortie, la questionse présente dune manière toute différente. Avant darriver à lécoulementconstant de 80 mètres de vitesse au maximum, et qui noffre que très-peude résistance, comme nous venons de le dire, il est nécessaire de laissersortir toute la vapeur qui maintient la pression élevée. Il faut alors, dansles premiers moments de la course, que cette quantité de vapeur considé-rable sécoule presque instantanément, sinon elle crée, au-devant du piston,une résistance dabord fort considérable, et qui décroît plus ou moins rapi-dement, suivant le temps quon lui donne pour séchapper. On comprendque si les coups de piston sont extrêmement précipités, la vapeur mettequelquefois 1/3 du temps total de la course à sécouler; cest ce qui arrivedans la vitesse de 16 lieues à lheure, en supposant, il est vrai, le cylindre