MACHINE A RABOTER.
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droites c, qui sont aussi placées symétriquement et dressées avec soin surune des faces horizontales. Elles ont pour objet de recevoir des plateauxde fonte C, qu’elles permettent de fixer à des hauteurs et à des distancesdifférentes à volonté, selon les dimensions des pièces qui doivent y êtreassujetties pour être rabotées. A l’établissement de M. Pauwels on a adoptéune disposition tout à fait analogue ; M. Mariotte, qui a construit un grandnombre de machines à raboter pour la marine, les a toutes faites à pla-teaux mobiles, mais ces plateaux sont réglés par des vis verticales quicommuniquent entre elles au moyen d’une chaîne sans fin, et que l’on faitmouvoir au moyen d’une manivelle.
La surface supérieure de chacun de ces plateaux est parfaitement plane ;ils sont renforcés en dessous par des nervures, et des trous y sont prati-qués en grande quantité pour le passage des boulons ou des pinces, sem-blables à celles d, qui y maintiennent la pièce à travailler. Des vis de pres-sion c sont taraudées vers les bords extrêmes, pour fixer les plateaux d’unemanière solide sur les saillies intérieures du bâtis, lorsque leur place estbien déterminée ; on peut toujours, à l’aide d’un niveau d’eau, s’assurer sileur plan supérieur est horizontal, et l’y mettre au moyen de ces vis. Destrous rectangulaires sont ménagés aux extrémités du banc, pour permettrede retirer ou d’introduire les plateaux à volonté, parce qu’on ne pourraitpas le faire par le bout.
La pièce à dresser est supposée, dans le dessin, une simple plaque defonte D, qui alors est portée par deux ou trois plateaux semblables ; et,comme elle n’a pu y être fixée par des brides et des boulons, on l’a assu-jettie en la serrant sur les côtés au moyen de vis de rappel qui sont logéesdans l’intérieur des petites pinces d, lesquelles se boulonnent sur les pla-teaux. Si la pièce D avait été deux à trois fois plus épaisse, on aurait des-cendu ces derniers d’un étage, afin que l’outil qui doit l’attaquer se trouvetoujours à la même hauteur.
En tête de la machine, mais toujours en dehors, se trouve le mécanismequi doit communiquer le mouvement à ses différents organes. M. Decostera adopté à ce sujet une disposition fort simple, qui a, du reste, beaucoupd’analogie avec ce que nous avons donné ailleurs. Il prend son mouvementde l’arbre moteur de l’usine à l’aide d’une courroie qui passe successive-ment sur les trois poulies égales E, E' et E 2 ; l’une de ces poulies, la pre-mière, fait corps avec l’axe F, qui les porte ; par conséquent, lorsque lacourroie l’embrasse, elle commande cet axe qui obéit à sa marche rotative;et comme il porte vers l’autre extrémité un pignon d’angle /, celui-cioblige la roue G, avec laquelle il engrène, à tourner dans un sens. La secondepoulie E' n’est pas fixe sur l’axe, elle y est, au contraire, libre, mais elleporte sur sa douille prolongée un pignon /, semblable au précédent, etengrenant avec la même roue G ; il en résulte que lorsque la courroie setrouve sur cette poulie, c’est le pignon/qui commande la roue, laquelletourne alors dans une direction opposée à celle qu’elle avait primitivement.