MACHINE A BATTRE RE BLÉ. 203
et de faire passer la paille à travers l’appareil, comme on l’a fait jusqu’icidans toutes les machines en usage.
Lorsqu’on examine le travail du battage, on se demande en effet pour-quoi on laisse entraîner la paille avec le grain qui s’en sépare ; il semble,au contraire, tout naturel que le batteur ne doive agir que sur les épispour en détacher le grain, faire tomber celui-ci, et laisser la paille sans latoucher; celle-ci ne craindrait plus alors, en aucune manière, d’être frois-sée et brisée, soit par les cylindres alimentaires, soit par les battes.
M. Ransomes ne donne au tambour batteur que 0 m 48 de diamètre ; il lecompose de quatre battes placées parallèlement sur des bras en équerre,montés sur un arbre en fer carré, auquel il fait faire près de 800 tourspar minute. Ces battes, qui n’ont pas plus de 0 m 80 de longueur, frappentainsi plus de 3000 fois dans ce court espace de temps, ou 50 fois par seconde.Pour arriver à cette vitesse énorme, il est obligé d’avoir un mouvementd’engrenages assez multipliés; cependant, pour le simplifier le plus pos-sible, il a adopté des rapports entre les roues et les pignons qui sont très-considérables, et que nous n’admettrions pas.
Ainsi, sur l’arbre vertical du manège, il monte une roue d’angle de l m 50environ de diamètre, portant 136 dents, qui commande un pignon de13 dents seulement, lequel est fixé sur un axe horizontal très-court.Celubci porte une roue droite de 48 dents, plus faibles évidemment queles précédentes, et qui engrène un pignon de 19 dents, placé sur un arbrede couche d’une longueur convenable, pour communiquer du manège èl’appareil abattre. Une troisième roue de t20 dents, à pas fin, est montéesur un axe adapté contre le bâtis de la machine, et qui se raccorde par unegenouillère avec l’arbre de couche précédent ; cette roue commande unpetit pignon de 12 dents ajusté sur l’axe du tambour batteur.
Les bras du manège, au nombre de quatre, ont 2 m 80 de longueur. Parconséquent, la circonférence parcourue par les chevaux qui y sont attelésest de
2,80 x 2 X 3,1416 = 17 m 58 ;
et comme la vitesse d’un cheval attelé à un manège est ordinairement de0 m 90 à 0 m 92 par seconde, on voit qu’ils doivent faire environ trois tourspar minute. Qr, d’après les données précédentes, on a
136 x 48 X 120 X 313 x 19 x 12
= 792 révolutions par 1
r
pour la vitesse du tambour batteur.
Nous devons remarquer que les battes frappent en remontant, commedans la machine de M. de Dombasle, que nous venons de décrire. Unhomme assis sur une chaise placée en tête de la machine, étend les gerbesde blé sur une table très-inclinée, en les présentant du côté des épis, et