FILATURE DU LIN.
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de ce cylindre qui, comme nous l’avons dit, est au maximum de 120 tourspar F, détermine celle de toutes les autres parties mobiles du métier, dansdes proportions exactes, et qui peuvent être modifiées, comme nous leverrons, au moyen de pignons de rechange.
On conçoit sans peine que puisque ces cylindres marchent plus vite queles fournisseurs, ils allongent nécessairement la matière, en tirant lesbrins à mesure qu’ils se présentent à leur entrée, et en les dégageant suc-cessivement de toute la masse.
« Ainsi, dit M. Coquelin, les cylindres fournisseurs et les peignes amènentle lin par masse, mais lentement; les cylindres étireurs l’entraînent, aucontraire, avec vitesse, et par cela même, ils n’en saisissent qu’un petitnombre de bouts à la fois, et la matière s’éclaircit en s’allongeant. C’est encela que consiste l'étirage.Cette opération s’accomplit, du reste, sans effort,parce que la distance entre les deux paires de cylindres, ayant été calculéesur la longueur des mèches, chaque brin est déjà sorti tout entier des four-nisseurs, au moment où les étireurs le saisissent, et il n’a plus qu’à glisserà travers les peignes qui maintiennent à la vérité toute la masse du lin,mais sans opposer de résistance sérieuse à la traction des cylindres.
« La quantité de brins qui se dégage à la fois de la masse, ajouteM. Coquelin, varie selon le degré de l’étirage, c’est-à-dire selon la diffé-rence de vitesse entre les deux appareils cylindriques; communément unetable à étaler étire au moins40,et au plus 60; en d’autres termes, le mou-vement des cylindres étireurs est de 40 à 60 fois plus rapide que celui desfournisseurs, et par conséquent la quantité de lin amenée par ces derniersest réduite par les autres au 1/40 ou au 1/60 de son épaisseur. Ce qu’ellea perdu en volume, elle l’a gagné par cela même en étendue. C’est en cetétat quelle forme le ruban. »
Des entonnoirs et rouleaux d’appel. — A la sortie des cylindresétireurs, les brins ne sont pas encore en ruban : ils forment une espèce denappe légère qui s’étend sur toute la largeur des tables de ces cylindres ;on est donc dans l’obligation de les réunir, comme dans d’autres machinesde préparation, au moyen de deux entonnoirs coniques m (fig. 4), à tra-vers lesquels ils passent ensemble à mesure que les étireurs les amènent.Ces entonnoirs sont en cuivre , attachés à deux leviers qui font corps avecla tringle m', au moyen de laquelle on peut les changer de direction et lesenlever même au besoin tout à fait au-dessus des mèches, comme on l’asupposé sur la fig. l re . Cette tringle est portée par deux pattes à coulissesen fer m 2 , boulonnées contre les oreilles avancées des deux grands sup-ports CC
Au commencement de l’opération, on doit faciliter l’entrée des brinsréunis dans ces entonnoirs, et, dès que les premiers y sont engagés, fis yentraînent naturellement les autres par les deux rouleaux d’appel I et F,qui les saisissent. Ces rouleaux, que l’on appelle aussi cylindres débiteurs,achèvent de former les rubans, en réunissant encore mieux les brins, par