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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
la main , comme nous venons de le dire, au moyen de maillets ou de mar-teaux en cuivre ou en bois très-dur, soit au moteur, par de petits marti-nets de faible puissance. Mais il paraît qu’on était loin d’attacher à cetteopération tout le prix qu’on y attache aujourd’hui; en effet, les recherchesque l’on a été amené à faire, au sujet du procès en question , ont démontréque le battage des cuirs s’est fait mécaniquement, en France , et ailleurs surune échelle assez restreinte, et sans prendre aucune extension pendantprès d’un demi-siècle.
Ainsi à Bâle , en Suisse , il fut certifié par le maître de la tribu des tan-neurs que depuis plus de cinquante ans il existe des marteaux mécaniquespropres à battre les cuirs forts ; ces marteaux paraissaient avoir, du reste,la plus grande analogie avec ceux employés dans le travail du fer, à l’ex-ception qu’ils sont en cuivre, et que leur poids n’est pas de plus de 50 à60 kilog. En 1831, un marteau semblable fut établi de nouveau dans lamême ville par un charpentier du pays ; plus tard, en 1835, un tanneur deStrasbourg , M. Herenschmitt, fit construire un marteau horizontal sur lemodèle de celui de Bâle .
On a également reconnu qu’il existait aussi, vers 1820, à Lyon , dans latannerie de M. Brosse, un marteau mécanique à manche horizontal, dupoids de 75 kilog. environ , mu par le cours du Rhône , et employé à battreles cuirs à semelle.
Dans la tannerie d’Àrcier, près Besançon , il y avait également depuislongtemps un marteau vertical qui a fonctionné pendant plusieurs années,comme appliqué au môme usage.
Dans ces derniers temps, M. Sterlingue, après avoir monté une belle etgrande tannerie à Paris , fit exécuter un marteau mécanique à manche hori-zontal , sur le système de ceux qu’il avait vus à Bâle . Cette première ma-chine, soit qu’elle fût mal exécutée, soit qu’elle n’eût pas les dimensionssuffisantes, ne parut pas remplir l’objet d’une manière convenable. AussiM. Sterlingue eut recours à son mécanicien, M. Farcot, qui lui fit, en1838, un fort martinet bien exécuté, sur le système usité dans les forges,en donnant au marteau un poids considérable que l’on a estimé à plus de300 kilog., mais ne présentant du reste aucune particularité remarquabledans sa construction, si ce n’est d’avoir garni de bronze les bases de l’en-clume et du marteau, afin d’éviter de tacher le cuir. Après les bons résul-tats obtenus dans les applications de ce martinet, M. Sterlingue crut devoirprendre, chose remarquable, un brevet d’importation et de perfectionne-ment de quinze ans, le 6 juin 1838. Nous devons dire dès à présent que la spé-cification et la description, d’ailleurs fort peu explicite, de ce brevet, ne par-lent que du battage proprement dit des cuirs forts ; elles ne relatent pas si cebattage a lieu à l’état secjou à l’état humide ; elles ne font aucunement res-sortir non plus l’importance du fort poids donné au marteau ; elles ne font pasenfin suffisamment sentir quelles sont les parties essentielles sur lesquellesl’auteur fait reposerl’invention. Au reste, tout faitprésumer qu’à cette époque