Band 
Tome troisième.
Seite
335
JPEG-Download
 

PUBLICATION INDUSTRIELLE.

335

poêle qui la chauffe aujourdhui, en 1840, plus dun an avant la date du brevet ;

« Quainsi Flottard et Arnaud, Delbut, en chauffant leurs enclumes, les premiersau moyen dun poêle circulaire, comme Sterlingue et comp., et le dernier au moyendun tuyau de vapeur qui traverse son enclume, nont pas commis le délit de con-trefaçon ;

« En ce qui touche les machines fabriquées par Berendorf, pour lesquelles il luia été délivré un brevet dinvention le 14 décembre 1842, et des brevevs de perfec-tionnement les 26 janvier et 30 mars 1843 , et qui sont désignées dans ces brevetssous le titre de machines à comprimer les cuirs forts remplaçant le marteau ;

« Attendu que ces machines diffèrent essentiellement de la machine Sterlinguedans leur structure et dans leurs principes et moyens daction; que la machineSterlingue opère un choc par la chute libre du marteau, qui, après avoir été enlevépar la force motrice, retombe par son propre poids, qui augmente encore de savitesse et vient opérer un choc sur le cuir placé sur lenclume à rotule qui ne cèdepas : que, dans les machines de Berendorf, le cylindre ou fouloir supérieur, garni decuivre à son extrémité qui vient comprimer le cuir, ne tombe pas et nest pas aban-donné à son poids après avoir été enlevé par la force motrice; que ce cylindre, aucontraire, est attaché par une articulation au levier qui ne le quitte pas et le faitmouvoir de bas,en haut et de haut en bas ; que ce levier, après avoir enlevé cecylindre, le ramène en bas progressivement et sans chute ni choc et vient opérer unepression sur le cuir, qui se trouve ainsi non pas battu, mais comprimé entre lecylindre et lenclume ou tas ; que lenclume ou tas de la machine Berendorf se com-pose dun cylindre ou fouloir inférieur en cuivre, qui, engagé à frottement libredans une douille en fonte, peut être élevé ou abaissé suivant la différence dépaisseurdes cuirs soumis à laction de la machine, et repose sur une poutre horizontaledisposée de telle manière quelle peut fléchir à un certain degré dintensité de pres-sion, et empêcher ainsi lirrégularité de la pression ; quainsi la machine Berendorf,différente de celle Sterlingue, quant à la forme et à la disposition de ses différentesparties ou organes, lest aussi quant à son principe ; que son principe est la pression,tandis que celui de la machine Sterlingue est la percussion ; que la machine Ster-lingue est une machine à battre, et celle de Berendorf une machine à comprimer lescuirs; que si, par la machine de Berendorf, on obtient comme par la machine deSterlingue la régularité et la normalité de la préparation du cuir, ce résultat est lebut quon se proposait, le problème à résoudre par tous les moyens qui ont étésuccessivement essayés ; que linvention consiste, non dans le but cherché, maisdans les moyens de latteindre ; que cela résulte clairement des termes de la loi, quiprescrit de décrire exactement les principes, moyens et procédés ; que, s'il en étaitautrement, une fois un brevet pris pour la découverte dun moyen datteindre unrésultat cherché en industrie, il serait interdit à tout autre que le breveté de cher-cher à atteindre le même but par dautres moyens, ce qui nest et ne peut être le butde la loi sur les brevets dinvention ; car, au lieu datteindre le but quelle sest pro-posé dencourager les inventions industrielles, elle en arrêterait le développementau premier pas ;

« Attendu quainsi en fabriquant, tant pour lui-même que pour Durand, les ma-chines qui ont été saisies tant chez lui que chez Durand , Berendorf na pas commisle délit de contrefaçon ; que Durand, en employant une de ces machines, na pas nonplus commis ledit délit ;

« Par tous ces motifs ci-dessus déduits,