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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
et par-dessous, elle est attachée sur les premiers par une cheville de fer etfait l’ofTice d’une charnière. Les languettes de la pièce supérieure entrentdans les rainures de la pièce inférieure, et l’ouvrier d’une main saisit unepoignée de chanvre qu’il introduit entre la mâchoire de la Broyé. En éle-vant et en abaissant successivement la mâchoire supérieure à plusieursreprises, on parvient à briser les chènevottes et à retirer de la machine lelin ou le chanvre dépouillé de toute sa chènevotte.
Pour peu que l’on ait remarqué dans nos campagnes cette manière detravailler le lin, on a dû être frappé de l’imperfection de cet instrument,et des inconvénients qu’il présentait à cause de la poussière que l’on respi-rait ; aussi déjà, en 1784, dans le 3 e volume des Opuscules choisis imprimésà Milan , est-il question de remplacer la Broyé par une machine composéede trois cylindres cannelés, mis en mouvement à bras d’homme. Trente-deux ans plus tard, un nommé James Lee, manufacturier de Oldbow, prèsde Londres , fit exécuter plusieurs machines pour remplacer la Broyé. Versla même époque, MM. Hill et William de Bandy, apportèrent aux machinesde Lee quelques modifications ; ils pouvaient tout à la fois briser la partieligneuse du lin et en détacher les filaments.
La machine qui était destinée à briser la chènevotte, qu’ils nommaientla Brisoire, se composait de cinq cylindres cannelés ou briseurs en boisde hêtre; ils avaient 500 à 550 millimètres de long, formés de lames oucannelures courtes et longues alternativement et arrondies, pour qu’ellesne puissent couper le lin ; les plus longues avaient 20 millimètres et lesautres 10. On donnait à ces cylindres un mouvement d’oscillation combinéavec celui de rotation de leurs axes ; on avait aussi la facillité de rappro-cher ceux placés au-dessus, par un mécanisme disposé à cet effet. Les tigesde lin étaient mises par poignée dans une augée placée au-dessus des cy-lindres supérieurs; en les pressant entre ceux-ci, elles sortaient de l’autrecôté parfaitement brisées et débarrassées de leur chènevotte, bonnes à êtrepassées ensuite à la machine qui venait après, que l’on nommait la Finis-soire. Elle était composée de trois rouleaux disposés comme dans la bri-soire; mais cette machine, n’étant destinée qu’à briser et à étendre lespoignées de filasse déjà suffisamment brisées, les lames ou dents de cescylindres étaient toutes d’égale hauteur, plus courtes et plus minces quecelles des cylindres briseurs, leur mouvement de rotation était très-lent.
La partie la plus essentielle de la machine, et qui la distinguait de la bri-soire, était l’addition de sept ou d’un plus grand nombre de planches platesverticales, placées en avant du bâtis. La première était fixée après le bâtiset était immobile ; les planchettes d’un rang pair pouvaient prendre unmouvement dans le sens horizontal seulement, et pouvaient se rapprocherplus ou moins; les planchettes intermédiaires d’un rang impair, étaientplus courtes et pouvaient monter et descendre entre les premières et cellefixe. Afin qu’elles frottassent mieux l’une contre l’autre, on avait pratiquédes entailles longitudinales sur ces planchettes, les bords étaient rabattus