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Tome troisième.
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PUBLICATION INDUSTRIELLE.

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et soigneusement arrondis. Le mécanisme était disposé de telle sorte, quilarrivait que toutes les entailles se correspondaient quand les planchettesdun rang impair se trouvaient au-dessus de celles dun rang pair, et lesentailles des planchettes dun rang impair étaient au-dessous dans la posi-tion contraire.

Pour travailler avec cette machine, dès quelle était en mouvement, lonfaisait passer dabord une poignée de filasse dans ces entailles lorsquellesse correspondaient, et ensuite entre les rouleaux. Les planchettes de lunet l'autre rang, par leur mouvement rapide dascension et dabaissement,divisaient et adoucissaient les filaments en même temps quelles en déta-chaient toutes les parties ligneuses.

Lidée de ce mécanisme paraît avoir été fournie aux auteurs par le boneffet que lon obtient en frottant ou massant le lin entre les mains, commeon le fait lorsquon lave une étoffe quelconque. Après cette manipulation,le lin était non-seulement débarrassé de tous les petits fragments ligneuxqui pouvaient y adhérer, mais ouvrait et divisait ses filaments de manièreà les rendre dune grande finesse.

Plusieurs autres machines analogues furent à la même époque proposéespour la préparation du lin. Celle qui parut devoir mieux résoudre la grandequestion de séparer le lin des fibres textiles de la chènevotte sans rouissage,sans autres préparations que celle de faire sécher à lair la plante avantdêtre soumise à laction de la machine, fut celle quimagina M. Christian,constructeur et directeur du Conservatoire des arts et métiers (1). Elle secomposait dun gros cylindre en bois cannelé dans le sens de sa longueur,entouré de dix à douze petits rouleaux également cannelés et en bois ; lesaxes des petits rouleaux étaient supportés par des petits coulisseaux en boisdur, retenus par une corde dont la tension était réglée par un ressort quelon pouvait tendre plus ou moins au moyen dun écrou placé sur une tigetaraudée, dont le crochet réunissait les deux extrémités de la corde, etlécrou sappuyait contre le ressort qui avait son point dappui après le bâtisde la machine. Lemploi de ce ressort avait pour but de permettre auxpetits cylindres de se soulever au besoin lorsquil se présentait des partiesplus grosses. Le mouvement se donnait à laide dune manivelle fixée surlarbre dun des petits rouleaux, qui transmettait par ses cannelures lemouvement au gros cylindre, et par suite tous les autres petits rouleaux lerecevaient du gros. M. Christian conseillait de couper les racines si ellesétaient trop grosses, pour ménager les cylindres cannelés, et daplatir lespieds avec un maillet lourd et cannelé sur une face. Cette préparationune fois faite, un enfant prenait une poignée de tiges que lon étendaitsur le premier petit rouleau en les présentant par les racines, et lenga-geait sous le premier cylindre cannelé. Un homme tournait alors la ma-nivelle; le lin passait et se brisait en se frottant sur tous les rouleaux, etvenait sortir vers le dernier. Un tour de la machine suffisait quelquefois

(I) Voir le mémoire de M. Christian publié en 181$.