PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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et soigneusement arrondis. Le mécanisme était disposé de telle sorte, qu’ilarrivait que toutes les entailles se correspondaient quand les planchettesd’un rang impair se trouvaient au-dessus de celles d’un rang pair, et lesentailles des planchettes d’un rang impair étaient au-dessous dans la posi-tion contraire.
Pour travailler avec cette machine, dès qu’elle était en mouvement, l’onfaisait passer d’abord une poignée de filasse dans ces entailles lorsqu’ellesse correspondaient, et ensuite entre les rouleaux. Les planchettes de l’unet l'autre rang, par leur mouvement rapide d’ascension et d’abaissement,divisaient et adoucissaient les filaments en même temps qu’elles en déta-chaient toutes les parties ligneuses.
L’idée de ce mécanisme paraît avoir été fournie aux auteurs par le boneffet que l’on obtient en frottant ou massant le lin entre les mains, commeon le fait lorsqu’on lave une étoffe quelconque. Après cette manipulation,le lin était non-seulement débarrassé de tous les petits fragments ligneuxqui pouvaient y adhérer, mais ouvrait et divisait ses filaments de manièreà les rendre d’une grande finesse.
Plusieurs autres machines analogues furent à la même époque proposéespour la préparation du lin. Celle qui parut devoir mieux résoudre la grandequestion de séparer le lin des fibres textiles de la chènevotte sans rouissage,sans autres préparations que celle de faire sécher à l’air la plante avantd’être soumise à l’action de la machine, fut celle qu’imagina M. Christian,constructeur et directeur du Conservatoire des arts et métiers (1). Elle secomposait d’un gros cylindre en bois cannelé dans le sens de sa longueur,entouré de dix à douze petits rouleaux également cannelés et en bois ; lesaxes des petits rouleaux étaient supportés par des petits coulisseaux en boisdur, retenus par une corde dont la tension était réglée par un ressort quel’on pouvait tendre plus ou moins au moyen d’un écrou placé sur une tigetaraudée, dont le crochet réunissait les deux extrémités de la corde, etl’écrou s’appuyait contre le ressort qui avait son point d’appui après le bâtisde la machine. L’emploi de ce ressort avait pour but de permettre auxpetits cylindres de se soulever au besoin lorsqu’il se présentait des partiesplus grosses. Le mouvement se donnait à l’aide d’une manivelle fixée surl’arbre d’un des petits rouleaux, qui transmettait par ses cannelures lemouvement au gros cylindre, et par suite tous les autres petits rouleaux lerecevaient du gros. M. Christian conseillait de couper les racines si ellesétaient trop grosses, pour ménager les cylindres cannelés, et d’aplatir lespieds avec un maillet lourd et cannelé sur une face. Cette préparationune fois faite, un enfant prenait une poignée de tiges que l’on étendaitsur le premier petit rouleau en les présentant par les racines, et l’enga-geait sous le premier cylindre cannelé. Un homme tournait alors la ma-nivelle; le lin passait et se brisait en se frottant sur tous les rouleaux, etvenait sortir vers le dernier. Un tour de la machine suffisait quelquefois
(I) Voir le mémoire de M. Christian publié en 181$.