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une largeur au moins double de l’épaisseur à obtenir. Cela fait, du centrede chacune des règles à quatre branches, on décrit un cercle avec un rayonégal à celui que doit avoir la vis, puis on porte vers l’extrémité de chaquearc ainsi obtenu, une longueur égale aux divisions du quart de cercle; cepoint une fois bien marqué sur toutes les branches des règles, il ne resteraplus qu’à les faire mouvoir toutes de gauche à droite ou de droite à gauche,selon que l’on voudra faire une vis à droite ou une vis à gauche, de tellesorte que la règle inférieure, par exemple, étant immobile, si on fait tour-ner celle immédiatement supérieure, jusqu’à ce que son bord de gauchepasse par le point de division indiqué sur la règle inférieure, son mouve-ment sera exécuté ; elle devra alors rester en repos, on fera ensuite mouvoirla troisième inférieure jusqu’à ce que son bord de gauche passe par le pointde division marqué sur la deuxième ; on l’arrêtera en ce point et ainsi desuite; la fîg. 5 fait bien comprendre le petit mouvement que l’on fait faireà ces différentes règles : on voit qu’elles doivent se découvrir les unes desautres à peu près toujours de la même quantité. Quand toutes ces règlesont ainsi été placées, on les colle, chaque aile ne présente plus alors qu’uneseule masse et forme une surface en gradin ; pour lui donner celle qu’elledoit réellement avoir, on n’a plus qu’à abattre les angles en dessus et endessous; et comme ces ailes doivent être plus minces vers les extrémitésqu’à leur naissance, on les diminue proportionnellement du centre àla circonférence extérieure comme on le juge convenable. Ensuite ellessont encore diminuées dans le sens de leur largeur, pour permettre àl’eau de se dégager plus facilement ; c’est ce qui est indiqué dans la fig. 5par les vides que laissent les projections verticales de chacune des ailes.
Le procédé que nous venons de décrire pour la construction du modèlede la vis, quoique très-naturel et d’une exécution facile, est loin de valoirle précédent, à cause de l’impossibilité d’empêcher le bois de travailler;le modèle, quoique bien sec et bien fait d’abord en sortant des mains del’ouvrier modeleur, ne conserve plus son exactitude dès qu’il est employéau moulage ; aussi doit-on généralement préférer, pour ces sortes de pièces,le moulage en terre à celui obtenu par des modèles en bois.
Nous devons aussi faire remarquer que ces vis, au lieu d’être en fonte,sont faites en bronze lorsqu’elles sont destinées aux bateaux naviguant surla mer, afin d'éviter qu’elles ne soient attaquées .par les sels qui y sont endissolution. La dernière vis à quatre ailes fondue en cuivre par M. Nillus,sur les dimensions représentées fig. 5 et 6, pèse, à très peu près, 1000 kil.Le poids de celle à trois filets est de 700 à 800 kil. Le bateau le Napoléonest doublé en cuivre ; ses premières vis, qui étaient d’abord en fonte, de-vinrent au bout de quelque temps tellement molles qu’on pouvait les cou-per au couteau.
Comme nous nous proposons, dans une des livraisons du 4° volume decet ouvrage, de donner avec tous ses détails la belle machine construitepar M. 3. Barns de Londres , qui est montée à bord du Napoléon, nousnous contenterons d’en donner pour le moment une idée succincte.