426
PUBLICATION INDUSTRIELLE.
vapeur d’un même auteur, dont le nom était d’abord resté inconnu; unpavillon blanc flottant à la poupe du navire a fait présumer cetle œuvreantérieure à 1792, par M. le baron Séguier. Le dessin du bâtiment n’in-dique point quelqu’un de fort entendu en marine; on remarque à l’avantet à l’arrière du bateau, tout à fait à l’extérieur, une vis hélice à un seulpas; la vis de derrière ne peut que se mouvoir circulairement, entraînéepar son axe qui traverse l’étambot; celle de devant peut, en outre, recevoirun mouvement dans le sens latéral, son axe est croché à une contre-étravequi reçoit le mouvement au moyen d’une barre franche; et comme lenavire n’a point de gouvernail, cette hélice de l’avant est destinée à enfaire fonction. Les deux vis se meuvent simultanément au moyen decordes sans fin, passant sur des poulies à gorge, dont sont munis les axesdes hélices; la cheminée de la machine à vapeur, destinée à imprimer lemouvement de locomotion à la voiture dont il a été aussi fait mention, nedevant pas être très-élevée pour activer le tirage, on a placé à l’intérieurune vis hélice de plusieurs pas. En considérant de nouveau les dessins, ona trouvé écrit, sur le revers d’une des feuilles représentant le navire àvapeur, le mot Dallez, suivi du chiffre 213, apparemment comme numérod’ordre d’un classement, et sur plusieurs des dessins les lettres initialesC. D., renfermées dans un médaillon. Cette nouvelle découverte a faitpenser que l’auteur inconnu se nommait C. Dallez. Le navire aurait à peuprès : longueur, 12 mètres; largeur, 3 mètres ; creux, l m 50; chaque vis delongueur l m 50, de diamètre, les deux tiers de la longueur. Un mât avecvoile de bateau de rivière est au milieu du navire. Le mât peut, au moyend’un treuil, être élevé ou abaissé perpendiculairement d’environ la moitiéde sa hauteur.
En 1796, M. Castera (1) propose un moyen pour diriger sous l’eau uneembarcation, qui paraît avoir été la vis. A l’occasion de son appareil,M. Guyton-Morveau rapporte qu’il a été témoin, au mois de juin 1800, dela première expérience d’un bâtiment de cette espèce ( le Nautilus ), con-struit chez M. Perrier, pour Fulton. Le bâtiment était en cuivre, de formeovoïde très-allongée, portant à l’un de ses bouts un collet relevé propre àrecevoir un couvercle, et sur l’arête supérieure une rigole destinée à con-tenir un petit mât qui se relevait à charnière. Dans l’intérieur du Nautilus,qui avait environ deux mètres de diamètre, étaient disposés les manchesdes rames à vis pour aller en avant, et des pompes aspirantes pour plongerà volonté par la charge de l’eau.
Castera et Fulton ne paraissent pas avoir attaché une grande importanceà l’emploi de la vis. Le premier prend un brevet, en 1828, pour un bateausous-marin, et la vis n’y est point employée ni même indiquée; elle nel’est point non plus par Fulton pour une nouvelle embarcation sous-marinequ’il avait projetée [le Mute), et Montgéry (2), qui nous a fait connaître
(1) Bulletin de la Société d'encouragement , 1809, tome VIII.#2) Mercure technologique f 1825.