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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
pistons une trop grande vitesse ; on sait, par expérience, que les petitesvitesses sont les plus convenables pour ces sortes de machines ; elles nedoivent pas s’élever à plus de 15 à 25 centimètres par seconde. Dans l’ap-pareil de M. Bourdon, les vitesses des pistons, en admettant 18 révolu-tions par minute, pour les trois différentes courses, sont respectivementde 14, 16 et 18 centimètres par seconde.
La prise d’eau étant nécessairement très-variable, on ne saurait limiterd’une manière exacte la hauteur du niveau au-dessus du sol des pompes ;cette variation peut être de 2 à 6 mètres ; cependant on estime que, le plusordinairement, la hauteur du tuyau d’aspiration peut être considérée à5 mètres au-dessus de la plaque de fondation, et la hauteur du tuyau d’as-cension qui amène l’eau dans le réservoir, à 5 mètres au-dessus de celtemême plaque.
Avantages de cet appareil. — Tout le système reposant sur unemême plaque de fondation, on conçoit sans peine que la mise en placepeut se faire aisément et à peu de frais; elle se fixe, comme nous l’avonsdit, sur des pierres de taille, ou sur des madriers scellés parallèlement dansles deux murs.
Le mouvement de la pompe est très-régulier, parce que la résistancese distribue sur trois pistons dont les manivelles sont placées de façonqu’elles agissent alternativement selon les sommets d’un triangle équila-téral.
Les deux coudes O, par lesquels se fait l’aspiration, étant fondus avecla plaque de fondation, on évite les joints à réparer, et par suite le démon-tage de cette plaque.
L’ajuslement à rotule des bielles vers le milieu de la longueur des pis-tons plongeurs, supprime les guides de ces pistons, permet de réduire lahauteur de l’appareil, autant que possible, et par suite de donner à celui-ci plus de solidité ; l’ajustement des bielles se faisant aussi par des par-ties sphériques, permet à tout le système de travailler, quand même ilsurviendrait un dérangement dans la position relative des supports desarbres à manivelle et des pompes.
Les pistons des pompes foulantes se meuvent dans des stuffing-box,exécutés avec beaucoup de soin; le frottement de ces garnitures absorbepeu de force, car les pistons peuvent descendre librement de leur proprepoids, sans qu’il y ait cependant aucune fuite.
Le prix de tout l’appareil, mis en place, prêt à fonctionner, n’est pasrevenu à plus de 3,000 francs.
M. Bourdon a également monté à Saint-Germain , un appareil analogue,sur les plans de M. Hubert, ingénieur très-expérimenté et bien connu enFrance pour l’établissement des machines à élever l’eau dans les villes.