HISTORIQUE
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montre les Ethiopiens de l'armée de Xerxès marchant contre la Grèce ,armés de « flèches de roseaux, qui avaient en guise de fer une pierreaiguë » et de « lances, surmontées par une corne aiguisée de gazelle enforme de pointe ». 1
Pline affirme que les anciens Hommes habitaient des cavernes. 2
Horace nous peint les premiers êtres vivants combattant avec lesongles et les poings, puis avec des bâtons, pour la possession de leurmisérable couche ou pour les glands qui composaient leur nourriture. *
Mais c’est surtout Lucrèce qui, dans son De Natura rerum, sutdécouvrir l'ordre selon lequel on a connu les divers métaux, et faire unepeinture vivante et saisissante de l'existence des premiers humains. Cequ’il place à l’aurore de l’Humanité, ce n’est pas l’Age d’or des poètes,mais l’Age de la pierre dans toute son horreur :
« Ils ne savaient pas encore traiter les métaux par le feu ; ils neconnaissaient pas l’usage des peaux, ni l’art de se revêtir de la dépouilledes bêtes féroces. Les bois, les forêts et les cavernes des montagnesétaient leur demeure ; forcés de chercher un refuge contre les vents etles pluies, ils se cachaient dans les broussailles... Se fiant à la vigueurde leurs mains et à l’agilité de leurs pieds, ils poursuivaient les bêtesdes forêts, leur lançant des pierres, les affrontant avec de lourdes mas-sues ; ils venaient à bout de beaucoup d’entre elles et évitaient les plusredoutables en se cachant dans leur retraite; quand la nuit les surpre-nait, ils étendaient à terre leurs membres nus, comme les sangliers, secouvrant de feuilles et de branchages... Souvent l’un d’eux, surpris etdéchiré par les bêtes féroces, leur fournissait une proie vivante et rem-plissait de ses cris les forêts et les montagnes en se voyant englouti toutvivant dans un sépulcre animé. Et ceux qui avaient pu échapper parleur fuite, le corps à demi rongé, tenant leurs mains tremblantes surleurs horribles plaies, appelaient la Mort avec des cris affreux, jusqu’àce que, privés de tout secours, ne sachant pas panser leurs blessures, ilsfussent délivrés de la vie par les vers qui les rongeaient déjà ?» 1 Mais untel tableau, que l'on dirait inspiré par les découvertes de la science mo-derne, n’était que l’intuition géniale d’un grand poète doublé d’un phi-losophe, et cette représentation d’un lointain passé, n’étant vérifiée paraucune preuve, resta isolée.
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“ Pline l'Ancien . Histoire naturelle. Livre 7, chap. 57.
•’ Horace . Satires. Livre I. Sat. III, vers 99 et sqq.
* Lucrèce . De Natura rerum. Livre 5, vers 951-955, 964-970, 988-996. Ibid,., vers 1080-10K ; cf. ibid., vers 1080-1095.