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Mais il reste toujours à chercher la région qui abritait le peupleprimitif dont les Indo-Iraniens ont également fait partie et dont ils seseraient détachés les premiers pour se créer dans l'histoire et lalittérature des destinées absolument différentes. M. O. Schrader, pourle dire en deux mots, en place le berceau dans les steppes sur les bordsde la Volga b
Nous devons trouver des steppes en Europe parce que, d’après lesrecherches de la linguistique comparée, le peuple primitif ne connais-sait ni le chameau, ni l’âne, animaux dont il aurait fait la connaissanceen Asie . M. O. Schrader, dans l’ouvrage cité, se décide pour les bordsde la Volga, car, chez les anciens, ce fleuve porte le nom de Râ, dontserait dérivé le nom finnois Rau ou Rawa. Ce mot ne s’explique pas parune racine finnoise mais bien par une racine aryenne: sru, couler, d'oùsrava, srâva, en grec rhoê. Les Aryens auraient donc appelé Sravâ,Strom, le plus grand fleuve qui leur fût connu.
D’après M. Schrader, les Indo-Iraniens n’ont pas poussé vers l’Occi-dent , ils se sont séparés ici de leurs congénères pour aller au Sud-Est.Cela expliquerait et leur caractère ethnologique différent et la position unpeu spéciale qu’occupe leur langue dans la famille indo-européenne. Eneffet, le tableau que retrace M. J. Schmidt pour illustrer les rapportsplus ou moins étroits qui unissent les divers membres de la familleindo-européenne, fait aux Indo-Iraniens une place à part. M. Sclunidt aappelé sa conception de la parenté de ces langues, die Wellentheorie,comparant les points de contact que les langues ont eues à des ondesproduites dans une nappe d’eau lorsqu’on y jette des pierres. Ces cir-conférences s’agrandissent et arrivent à se couper réciproquement, àse neutraliser ou à se fondre.
1 Ce chapitre était sous presse lorsque j’eus connaissance d’un travail récentde M. Schrader, paru sous le titre : Die Indogermancn, dans la collection de H’is-senschuft niid liihhing, Leipzig, 1911, chez Quelle u. Meyer. Tout en observant saprudente réserve, justifiée par l’état actuel de la science, M. Schrader ne s’écartepas notablement de sa première hypothèse touchant la patrie des Aryens primitifs,il laisse cependant une plus grande latitude aux diverses hypothèses et veut bienque les Indo-Européens soient partis des pays compris entre le Ithin et les monta-gnes de l’Hindou-Kouch , à l’exception, toutefois, des pays méridionaux, soit l’Asie-Mineure, le Balkan et la presqu'île des Apennins. M. Schrader incline pour une ori-gine septentrionale, mais repousse les tentatives qui veulent revendiquer pour letype aryen le caractère plutôt germanique. Ce point de vue est aussi celui que j'aitoujours cherché à faire prévaloir.