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HISTOIRE GÉNÉRALE
s’enfuir. Charles y fit son entrée en grande pompe, sonsdes arcs de triomphe et au milieu des acclamations dupeuple (1405).
Mais l’Italie était aussi prompte à trahir les conqué-rants qu’à les appeler ; les succès de Charles VIII exci-tèrent la jalousie des souverains; bientôt nue ligueformidable se forma contre la France. Le pape, l'Empe-reur, le duc de Milan, Venise et l’Espagne s’unirent etcherchèrent à enfermer le roi dans sa conquête. Charlesdut quitter en hâte son nouveau royaume, dont les habi-tants haïssaient les Français. An débouché de l’Apen-nin, à Fornouc, trente mille hommes lui barraient lepassage. Il fondit sur eux avec des forces beaucoupmoindres : les hallebardes des Suisses et la furia france.seeurent bientôt raison des Italiens. Ceux-ci ne purentarrêter Charles VIII qui rentraglorieusementen France.Naples n’en était pas moins perdue pour lui.
§ 12. Louis XII conquiert Milan et Naples, puis estchassé de l’Italie. (1498-1513). — Avec Charles VIIIs’éteignit la ligne directe des Valois. Louis XII, qui luisuccéda, fut le chef de la branche des Valois-Orléans.
A l’intérieur, le règne de Louis XII fut bienfaisantpour la France. Le roi sut maintenir l’ordre; il réprimacertains abus, diminua les charges qui pesaient sur sessujets et réforma l’administration de la justice. Il amérité le nom de Père du Peuple, que lui décernèrentles Etats généraux 1 . A peine monté sur le trône, ilépousa la veuve de Charles VIII, pour conserver la Bre-tagne à la France.
Sa politique extérieure fut moins heureuse. Aux pré-tentions de la maison d’Anjou sur Naples, il joignait lessiennes propres sur Milan, en sa qualité de petit-fils de
1 « J’aime mieux, disait-il, voir les courtisans rire de mon ava-rice, que le peuple pleurer de mes dépenses. » — « Le roi de Francen’a pas à venger les injures du duc d’Orléans », dit-il à La '['re-mouille, qui avaitcomliattu contre lui à l’époque d’Anne de Beaujeu.