LA MONARCHIE ABSOLUE
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Dans le reste du pays, les Hongrois ne supportaientqu’avec impatience la domination des Habsbourg. EnTransylvanie régnaient des rois indigènes qui recon-naissaient tantôt la souveraineté de l’Autriche, tantôtcelle de la Porte.
Bataille de Saint-Gotthard et siège de Vienne. — En1664, les armées chrétiennes remportèrent un premiersuccès sur les musulmans; le général de l’Empereur,Montecuculli, vainquit ces derniers dans la bataille deSaint-Gotthard, sur la Raab. Mais les soulèvements desHongrois, provoqués par la tyrannie autrichienne, ren-dirent ces efforts inutiles. Une conjuration des noblesou magnats ayant été découverte et durement réprimée,ils appelèrent le sultan à leur secours. Les troupes decelui-ci 1 pénétrèrent en Autriche et arrivèrent Jusquesous les murs de Vienne. L’Autriche semblait per-due ; déjà la cour avait quitté Vienne pour se réfugier àLinz.
Mais l’héroïsme de la population viennoise sauva laville. Pendant soixante jours, elle repoussa toutes lesattaques. Cette résistance permit aux secours d’arriver.L’Allemagne entière s’était émue du péril turc. La Polo-gne envoya aussi des secours. Une nombreuse armée,commandée par le duc Charles de Lorraine et par JeanSobieski, roi de Pologne, vainquit les infidèles auxportes de Vienne 2 (1683).
Paix de Karlowitz et de Passarowitz. Les Turcs recu-lent. — Cette victoire raffermit la domination des Habs-bourg. La noblesse magyare subit la loi du plus fort:l’échafaud fut dressé en permanence pendant plusieurs
1 Conduites par le grand-vizir Kara-Moustafa.
2 L’Empereur témoigna à Sobieski une médiocre reconnaissance.U tut si froid et si cérémonieux, que Sobieski lui répondit ironi-quement : «Je suis charmé d’avoir rendu ce petit service à VotreMajesté ».