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HISTOIRE GÉNÉRALE
dans leur pays, mais chez toutes les nations civilisées ;et surtout, ils étaient d'admirables écrivains, présen-tant leurs doctrines sous une forme claire, spirituelle,agréable à lire. C’est à cette précieuse qualité de l’espritfrançais qu’ils durent leur prodigieux succès.
Voltaire s’attaqua aux abus les plus criants du régime,aux usages contraires à l’humanité, à la torture, auxsupplices cruels, à la procédure secrète, aux privilègesdu clergé. Mais Voltaire fut surtout l’adversaire impi-toyable de l’intolérance. Durant sa longue carrière, illa combattit avec une énergie et une persévérance sanségales 1 . 11 n’était pas athée, mais il n’admettait que lareligion naturelle, par opposition aux religions révé-lées.
Montesquieu prêchait aussi la tolérance. Mais il s’estoccupé surtout de politique. A l’absolutisme et au des-potisme, il oppose la monarchie constitutionnelle : l’orga-nisation anglaise lui paraît le type du meilleur gouver-nement. 11 réclame aussi l’abolition de certains privi-lèges nobiliaires (exemption de l’impôt, mainmorte,droits de justice) et des abus les plus criants de la pro-cédure.
Rousseau va plus loin que ses deux prédécesseurs. Ilcombat non seulement les abus, mais la société elle-même. L’homme est naturellement bon, dit-il, la sociétéle déprave. Il faut donc revenir à la nature, créer unesociété nouvelle, dans laquelle tous les hommes serontégaux et choisiront eux-mêmes leur gouvernement. Enmatière de dogme, Rousseau rejette la religion chré-tienne, mais proclame l’existence de l’Etre suprême.
Diderot entreprit la publication d’une œuvre gigan-tesque, l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné dessciences, arts et métiers. Son principal collaborateur futD’Alembert, mais presque tous les savants et philoso-phes écrivirent des articles pour l’Encyclopédie. La
1 Son cri de guerre était : « Ecrasons l’infàme !