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Histoire moderne et histoire contemporaine / Paul Maillefer
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LA RÉVOLUTION

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naissait pas la liberté de conscience, ni la liberté de lapresse : la censure sappliquait à tous les écrits etrien ne simprimait sans son consentement. On neconnaissait pas la liberté de commerce; lexercice desindustries appartenait à des corporations privilégiées.

Les Français ne possédaient pas la liberté. Ils navaientpas davantage légalité. Lancienne société était fondéesur les privilèges. La nation était divisée en trois ordres :le clergé, la noblesse, le tiers Etat.

Le clergé jouissait dimmenses domaines et étaitexempt dimpôts ; il surveillait lécole et tenait lesregistres de létat civil. La noblesse exerçait les droitsféodaux; on lui réservait les emplois à la cour et lesgrades dofficiers à larmée ; elle était aussi exempte desplus lourdes redevances. Le tiers Etat supportait presquetoutes les charges ; il était méprisé par les deux autresordres. Encore y avait-il, dans son sein, des différenceset des inégalités.

A mesure que, sous linfluence des philosophes, lesesprits se réveillaient, les abus du despotisme et lesinconvénients de larbitraire paraissaient plus cho-quants. Et les hommes éclairés réclamaient des réformes.La résistance opposée par le roi et les privilégiés à cesdemandes légitimes amena la Hévolution.

§ 94. Le Gouvernement de Louis XVI jusquen 1789.Turgot et Malesherbes. Louis XVI, petit-fils deLouis XV, monta sur le trône en 1774 ; il navait quevingt ans 1 . Cétait un prince débonnaire et bien inten-tionné, mais faible de caractère et dirigé par son entou-rage, surtout par la reine Marie-Antoinette et par lescourtisans 2 . Il neut ni lénergiede résister jusquau boutà lesprit nouveau, ni la sagesse de marcher avec lui.

1 «Quel malheur pour moi, sécria-t-il, je règne trop jeune.»

2 II a passé sa vio, a dit un témoin, à dire le soir quil avait eutort le matin.