LA RÉVOLUTION
191
CHAPITRE V
Le Consulat.
§ 116. Pouvoir absolu du Premier Consul. — La com-mission chargée d’élaborer la Constitution nouvelle(Constitution de l’an VIII) travailla selon les idées deBonaparte. Le pouvoir exécutif était confié à un premierConsul, élu pour dix ans, chef du pouvoir civil et mili-tatre. Bonaparte, naturellement, fut désigné pour cettenouvelle charge. On lui adjoignait, il est vrai, deuxcollègues (Cambacérès et Lebrun), mais avec voixconsultative seulement ; en réalité, le premier Consulavait un pouvoir absolu L
L’autorité législative était confiée à quatre assembléesdistinctes : le Conseil d’Etat préparait les lois, le Tribu-nat les discutait, le Corps législatif les votait, le Sénatconservateur en contrôlait l’application. Cela constituaitune machine compliquée, destinée à masquer le pou-voir absolu du premier Consul. Dans la pratique, cedernier nommait le Sénat et le Conseil d’Etat, et lesmembres des deux autres corps étaient élus suivant lavolonté du gouvernement. En outre, celui-ci nommaittous les fonctionnaires (préfets, juges, évêques).
Bonaparte rétablit l’ordre et crée une excellente admi-nistration. — Bonaparte usa de ce pouvoir absolu pourle bien de la France. Il consolida l’œuvre de la Révolu-tion, donna au pays une administration stable, etramena l’ordre à l’intérieur. La division en départe-ments, arrondissements, cantons, fut maintenue, maisles préfets et sous-préfets, nommés par le premier
1 Ses principaux ministres et collaborateurs furent Talleyrand,ministre des ail'aires étrangères, Carnot, ministre de la guerre,Fouché, charge de la police.