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HISTOIRE GÉNÉRALE
§ 124. Quatrième coalition ; la Prusse écrasée. —De toutes les nations voisines, la Prusse était la plussérieusement menacée. La fondation de la Confédéra-tion du Rhin constituait pour elle un danger. Ellen’avait pas su intervenir à temps dans la troisièmecoalition. Mais l’opinion publique s’exaspéra quandon apprit que l’Empereur offrait à l’Angleterre de luirendre le Hanovre, livré récemment à la Prusse. Le roiFrédéric Guillaume III déclara la guerre (1806).
Le moment était mal choisi. Les troupes françaisesstationnaient encore en Allemagne. A part l’Angleterreet la Russie, qui ne pouvaient lui être d’un grandsecours, la Prusse n’avait d’autres alliés que deux petitsprinces, l’électeur de Saxe et le duc de Weimar. Enoutre, son organisation militaire était vieillie et sonarmée peu nombreuse.
Aussi la monarchie de Frédéric le Grand fut-elleécrasée en quelques jours L Les Prussiens, enveloppésdans la vallée de la Saale, subirent un désastre dans ladouble bataille de Jena et d’Auerstàdt (14 octobre 1806).Napoléon s’empara de tout le nord de l’Allemagne et fitson entrée à Berlin (27 octobre 1806).
La Russie battue. Paix de Tilsit. — Après avoir traitéavec l’allié de Frédéric Guillaume III, l’électeur deSaxe, qui prit le titre de roi, Napoléon tourna ses for-ces contre la Russie. Il livra deux sanglantes batailles,à Eylau et à Friedland. Dans la première, les Russes etles Français combattirent toute une journée sous desrafales de neige; le résultat resta indécis (février 1807).À Friedland, par contre, Napoléon repoussa l’ennemi(juin 1807); il s’avança ensuite jusqu’au Niémen.
La paix de Tilsit mit fin aux hostilités. La Prusse futdurement traitée ; elle perdit la moitié de son territoire:1° le pays situé entre le Rhin et l’Elbe, avec lequelNapoléon forma le royaume de Westphalie (capitale
1 « Napoléon souffla sur la Prusse, dit Heine, et la Prusse cessad’exister. »