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Histoire moderne et histoire contemporaine / Paul Maillefer
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HISTOIRE GÉNÉRALE

1792. L’Angleterre rendait une partie des colonies qu’elleavait enlevées. Un congrès réuni à Vienne devait rema-nier la carte de l’Europe, si profondément modifiéedepuis quinze ans.

Aussitôt les princes dépossédés rentrèrent dans leursEtats, le pape à Rome, Victor-Emmanuel à Turin, Fer-dinand à Madrid. Le pape rétablit l’ordre des Jésuites.

§ 131. Les Cent-Jours — La Charte octroyée à laFrance par Louis XVIII était supérieure à la constitu-tion impériale. Elle partageait le pouvoir entre le roi etdeux Chambres, la Chambre des pairs et celle desdéputés. Elle aurait pu donner à la France le repos etla tranquillité. Mais elle fut appliquée par des gensencore imbus des idées de l’ancien régime. Le ton, lesmanières du roi et de la cour déplurent au peuple fran-çais. Louis XVIII affectait d’appeler l’année 1814 laXIX me de son règne. Le drapeau blanc remplaça le glo-rieux drapeau tricolore. Quant aux anciens émigrés,qui escortaient les Bourbons, « ils n’avaient rien apprisni rien oublié ». De plus, le traité de Paris avait blesséet humilié la France; il rendit impopulaires les Bour-bons qui l’avaient signé.

Le mécontentement devint bientôt générât. Dans sonile, Napoléon se faisait renseigner sur les affaires deFrance, et il conçut l’audacieux projet de remonter surle trône. Cette entreprise, exécutée avec une hardiessesans pareille, réussit d’abord au delà de toute espé-rance. Napoléon déjoua la surveillance des vaisseauxanglais, débarqua, le 1 er mars 1815, au golfe Jouan, nonloin de Cannes, et marcha sur Paris 1 . Toutes les trou-pes envoyées contre lui firent défection et grossirent lenombre de ses partisans. Le 20 mars, l’Empereur ren-trait dans la capitale ; les Bourbons avaient pris rapide-

1 « Français, disait sa proclamation, j’ai entendu dans mon exilvos plaintes et vos vœux : vous réclamez le gouvernement de votrechoix, qui est le seul légitime. J’ai traversé les mers, j’arrivereprendre ines droits, qui sont les vôtres. »