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HISTOIRE GÉNÉRALE
furent aussitôt incorporés à la Prusse ; ces conquêtesconstituaient pour elle un énorme accroissement.
Les Etats du Sud recouvrèrent leur territoire à quel-ques légères exceptions près. Ils furent contraints deconclure avec la Prusse une alliance offensive et défen-sive. En cas de guerre, toutes leurs troupes devaientmarcher avec les armées prussiennes, sous le hautcommandement du roi de Prusse. La Prusse devenaitainsi la maîtresse de l’Allemagne.
Trop tard la France fit entendre sa voix. Bismarckl’avait déjà écartée des affaires d’Allemagne. LorsqueNapoléon réclama des compensations pour l’agrandisse-ment démesuré de la Prusse, sa demande fut nettementrepoussée. Comme l’Empire n’était pas prêt pour laguerre, l’Empereur dut accepter en silence les résultatsde la politique bismarckienne.
§ 167. L’Europe entre 1866 et 1870. La Confédérationde l’Allemagne du Nord et le Parlement douanier. — Lebrillant résultat de la guerre fit cesser le conflit entrele roi de Prusse et la Chambre des députés. Le jourmême de la bataille de Sadowa, les élections donnèrentune majorité gouvernementale. Celle-ci se hâta de voterun décret d 'indemnité, sanctionnant les dépenses faitesdepuis 1862 contre la volonté du pouvoir législatif (3 sep-tembre 1866).' Un nouveau parti remplaça le parti pro-gressiste, le parti national libéral, décidé à soutenir lapolitique de Bismarck et en même temps les doctrineslibérales.
Tôt après, la cause de l’unité fit un pas de plus parla création de la Confédération de l’Allemagne du Nord,dans laquelle entrèrent tous les Etats situés au nord duMein. Le roi de Prusse en devenait le chef héréditaire ;il la gouvernait au moyen de deux Chambres (le Con-seil fédéral, formé des délégués des Etats *, et la diète ouReichstag, élue par le peuple) et d’un ministre res-
1 La Prusse en nommait 17, les vingt-un autres Etats, 26.