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HISTOIRK GÉNÉRALE
sur les marchés européens ; dans plusieurs pays, l’agri-culture a obtenu gain de cause et l’on a pris en sa faveurdes mesures spéciales.
Le protectionnisme à outrance amène parfois entredeux nations une véritable guerre économique. Chacunefrappe les produits de sa rivale de droits très élevés,prohibitifs. Le plus souvent, on est obligé de s’arrangerà l’amiable et de conclure des traités de commerce. Cha-cune des parties contractantes fait à l’autre des conces-sions, et l’on finit par adopter des tarifs qui permettentl’importation réciproque d’Etat à Etat.
La production industrielle devient si intense que lesanciens débouchés ne suffisent plus. Pour en créer denouveaux, chaque nation européenne s’efforce d'agran-dir son empire colonial et s’y réserve le monopole ducommerce.
Les nations modernes éprouvent aussi le besoin de seprouver les unes aux autres les progrès accomplis, dese mesurer d’une façon pacifique en réunissant les pro-duits de leur industrie dans de vastes expositions uni-verselles, où chaque peuple envoie ce que livrent demieux ses fabriques, ses usines, son agriculture, sesbeaux-arts. La première a été celle de Londres en 1851 ;elle comptait 17 000 exposants. Les plus récentes ontété celles de Paris en 1900 et celle de Saint-Louis(Etats-Unis) en 1904. Elles ont compté plusieurs cen-taines de mille exposants.
§ 208. Questions sociales. — A l’intérieur de chaquepays, la lutte politique se complique d’une lutte so-ciale. La grande industrie a scindé les producteurs endeux groupes : d’un côté, les capitalistes, de l’autre, lessalariés. Ces derniers se sont séparés de la bourgeoisieet ont formé le quatrième Etat; ils se nomment eux-mêmes les prolétaires. Une partie d’entre eux, les socia-listes, comptent, pour améliorer leur sort, sur unerévolution sociale.