C A fl
Un tableau peut être careffé, Jufques à perdre uffe.'grande partie de ce qu’on appelle l’efprit & le caraétère.D ’un autre côté, l’efprit & le caraétère , trop prononcés ,îaiffent à l’égard de certains ouvrages, délirer quelquechofe de plus careffé. Le milieu jufle en tout efl difficileà fixer, dans la Peinture il efl en quelque forte inappré-ciable.
On peut dire de Salvator-Rofë, que dans plufieurs deTes ouvrages il efl trop peu careffé, qu’il efl trop fier,trop heurté. Miéris , Vanderverf font trop careffés dansleurs tableaux, plufieurs de leurs compofitions emprun-tent de cette manière de terminer une froideur qui gla-ce ; ceux de Grimou tombent dans la molleffe.
Au refie , il efl des ouvrages dans lefquels le mécba*hifine exclud abfolument le careffé , & d’autres où il y en-traîne l’Artifîe. La frefque, ne donne pas au Peintre letemps de careffer fon ouvrage ; tandis que l’émail & laminiature invitent le Peintre à être précieux, en exigeantdu temps , de la patience, & en lui offrant les moyens(de careffer fes productions.
Il efl de même certains ouvrages qui demandent ungrand foin, & d’autres qui en difpenfent.
Les genres qui difpenfent des foins qu’on défigne patle mot careffé, font les plafonds vafles & élevés. Lestableaux deflinés à être vus de loin , les décorations quidoivent être placées en plein air, celles qui font faitespour des fpeétacles de nuit, ou pour des fêtes dont l’ap-pareil doit être vu dans un grand efpace, tous ces ou-*yrages fouffrent & exigent même d’être heurtés..
Les tableaux de chevalet, ceux deflinés à des appar-temens intérieurs , les peintures qui décorent des lieuxtrès-recherchés, très-orné? de petite dimenfîon, ma ni