C A K J0 9
^üêtoient (fuît attrait qu’on y délire, s’ils, îi’étoient pointcarejfés.
Les fleurs, les oifeaux , lès objets précieux deman-,3ent que leurs imitations foient aufli carejfées qu’ils fem<blent l’être eux-mêmes par les mains de la nature*
Il faut enfin que les beautés qu’elle paroît Ce plaire àcarejfer en les formant , & qu’elle deftine à recevoirl’hommage de nos careffcs , reçoivent aufli, dans l’imi-tation qu’en fait l’Artifie ,, celle du pinceau, car en nous'donnant l’idée de la douceur, de la légèreté , de ladélicatefle , avec lesquelles il a été promené fur les coup-leurs , pour les unir parfaitement fans leur ôter leur-fraîcheur & leur éclat, le Peintre nous rappelle la dou-ceur & la délicatefle dont la nature les a doués.
Je dois obferver que le carejje plaît généralement aitplus grand nombre , & lûr-tout à ceux qui n’ont pointalfez réfléchi fur la théorie & la pratique de l’Art, pourentrer dans les conventions auxquelles il eû indifpenfa-»blement fournis.
Mais ce penchant naturel tourne au défavantage del’Art, parce que le carejfé que le plus grand, nombreexige de la Peinture, eft une forte de flatterie, par la-quelle ceux qui manquent de connoilfance, veulent être,féduits.
CARICATURE. Ce mot ell abfblument du langagede l’Art, mais nous l’avons emprunté du terme Italiencaricatura, dont on n’a changé que la terminaifon. Nousnommons aufli charge , en langage de Peinture , ce queles Italiens nomment caricatura , & nous avons adopté,le mot caricature , emprunté d’eux plus littéralement*On pourrait penfer que le »ot charge a un rapport
V üi