ET STRATEGIQUE 35*
íl faudrait exciter P émulation de la jeunesse par des prixhonorables, par des marques décoratives. Les jeunes nobles,qui âpres s’être exercés un certain tems au champ de Marsde leur ville, s’y être distingués, & y avoir remporté desprix , voudraient entrer dans P école royale militaire, par oùil faudrait toujours passer pour entrer dans les troupes, feraientpréférés aux autres qui n’auraient. pas fait un pareil appren-tissage , & même on leur tiendrait compte du tems employéaux dits exercices ; selon ce qui ferait réglé par P ordonnan-ce. Quant aux bourgeois qui auraient les mêmes droits depréférence vis-à-vis de leurs égaux, ils en jouiraient pleinements’ils optaient aux places qui leur feraient réservées dans lestroupes, bien entendu qu' il n’y eût d'ailleurs à leur égardaucun motif d’exclusion.
Mais, comme pour avoir de bonnes troupes il ne suffitpas que P officier soit instruit , st le soldat n’ est en même temsdressé, & en état de seconder ses chefs, il serait nécessaired* établir dans les principaux villages des écoles plébéyennes rqui deviendraient certainement des pépinières d'excellentes re-crues. La jeunesse des campagnes * s’y assemblerait les jours^u'elle ne serait pas occupée des travaux d'agriculture, pourY recevoir les leçons peu composées de ces écoles, pour s’ y 3
la moitié Oll 40 hommes dans lescompagnies des bataillons de recrue,pourraient être renvoyés chez euxaprès deux mois d'exercice. Ils ne fe-raient payés que pendant ces deuxmois , & les dix autres ils pourraientvaquer à la culture des terres & auxtravaux de leur profession , ainlï qu 3 onle pratique en Prusse. La paye de cesrenvoyés resterait en masse au régi-ment , êc on en disposerait selon les.vues du Souverain toujours relativesaux troupes, mais ou prendrait furcette masse des petites gratificationspour les soldats qui auraient le plusconservé P habitude de leurs exercices,& qui reviendraient de chez euxmieux équipés.
* Conformément à mon systèmecette jeunesse se trouverait toujoursmêlée non seulement avec celle desrégìraens provinciaux, mais aussi avecu , ne partie de celle des régimensd'ordonnance. 11 faut prendre pourcela de sages arrangemens, & l es
combiner de f ac on qu ils soient éga-lement utiles à P agriculture auservice, & qu 3 11 en résulte une éco-nomie avantageuse à P Etat, commeje l 3 ai fait observer dès le commen-cement de cet ouvrage. Les compa-gnies de tous mes bataillons font de96 hommes fu'r le pied de paix, noncompris les officiers, ôc bas-officiers,Le tiers , c 3 est-à-dire 31 hommesdans les compagnies des régimens, &