Band 
Tome premier.
Seite
346
JPEG-Download
 

346 Cours

tant cTautrcs productions fabuleuses , à peine tolé-rables dans la décoration de nos Spectacles ; maisqui ne devroient jamais faire partie de la décorationdes monuments destinés à rembellissement de nosCapitales, à la résidence des grands, à la demeuredes particuliers. Ne devroit-on pas, dans nosdécorations , préférer de peindre le caractère na-tional , au-lieu d’imiter servilement les productionsdes Peuples qui nous ont précédés, & tout ce quela Mithologie a imaginé de plus ingénieux à cetégard. Qu’est-ce en effet que des figures de femmesfans bras , telles qu’il s’en remarque à la salle desAntiques au Louvre ? Ces figures font néanmoinsconsidérées comme des chefs - d’œuvre , parcequ’effectivement elles font dune grande beauté,& du ciseau de Jean Gougeon. Mais dans la réa-lité , ce n’est autre chose que de la belle Scul-pture mal appliquée ; ce ne font que de bellesstatues mutilées ; ce n’est enfin que la repré-sentation de la figure humaine, destinée, fanstrop de vraisemblance, à porter le poids d’uneTribune , qui eût fans doute été mieux sou-tenue par les tiges des colonnes, dont on apper-çoit le chapiteau & la base. Ce double emploin’échappe pas au discernement des Connoisseurs ;& ils jugent que biffage de ces figures est con-traire à la vraisemblance. Nous croyons doncque l’habile Sculpteur n’auroit pas dû fe permettrecette licence ; parce qu’autant qu’il est possible,il faut rendre intelligibles ses productions , leurôter toute efpece d’équivoque , & fe priver plutôtd’une certaine variété dans ses compositions ,que de s'exposer à faire passer à la postérité desexemples , qui, quoiqu’admirables par leur exé*