©'Architecture. 77
séjour de le Nôtre en Italie , pour présenter àLouis le Grand cette magnifique production, vrai-ment digne du génie de cet habile Maître. LeNôtre, après avoir réduit le Jardinage en Art,a peu perfectionné ce qu’il avoir inventé ; il n’afait que circuler autour du centre où il savoirporté, & ne s’est presque pas étendu au delà deslimites où il setoit fixé ; il paroît même ne sa-voir porté à un certain degré de perfection, queparce qu’il étoit homme de génie, & qu’il sçavoitjoindre à cette science, d’ailleurs fort étendue ,la connoissance des beaux Arts qui font insé-parables de celui de planter des Jardins ; au lieuque la plupart de ceux qui s’en font mêlés de-puis lui & Hardouin , n’étoient que des Jardi-niers proprement dits ; ou, li quelques Artistes enont planté, ils n’ont guère composé que des chimè-res; cependant ils n’ont pas laissé da voir des admi-rateurs , parce qu’il n’étoit question que de petitsobjets, qui, loríqu’on a voulu les imiter dans degrands espaces , n’ont plus montré que des mé-diocrités. Qu’on y réfléchisse ; il faut des idéesvastes pour composer un grand Jardin ; il fauts’être rendu familières les diverses productions dela nature, & avoir bien étudié l’Árt, pour tirertout le parti qu’on a droit d’attendre de la réu-nion de ces deux objets : ensorte que , faute decette double application, on ne remarque guere,dans nos Jardins en France , que des répétitions,ou du moins, st l’on y aperçoit quelque diffé-rence , ce n’est que dans les partieS accessoires :dans l’enfemble, la marche est toujours la même,& l’on diroit que l’esprit humain , à cet égard ,lorsqu’une fois il est parvenu à admirer quelquechose, se fixe à cette admiration, & ne voit rien